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Tous les films de Claude Chabrol sont, chacun à leur manière, la résurrection d’un ordre cohérent d’autrefois dont il ne reste que des fragments, et que le cinéaste rassemble avec une ambition double : atteindre une forme de vérité, d’authenticité via la reconstitution que nous pourrions appeler transsubstantiation, ici une matière bretonne rigoureusement restituée à partir de figurants locaux, d’objets et de croyances, tout en ...
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Avec ce quatrième opus, Tad l’explorateur semble avoir perdu quelque peu de son souffle et saute d’un continent à l’autre, entre deux temporalités distinctes, dans l’espoir de compenser ses fragilités scénaristiques. Le récit de paternité, qui concerne le protagoniste, est mené en miroir de celui d’un raccord aux origines de la momie, soit ses retrouvailles avec le jeune homme qu’il était autrefois : d’un côté une ...
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Notre narrateur personnage décrit d’emblée le dispositif que Werner Herzog applique à son long métrage : l’hypnose comme manière d’accéder à une vérité collective et géographique, de sonder la culture bavaroise perçue comme réservoir de magie à même d’écarter toute individualité récalcitrante – et qu’incarne le vacher – et toute révolte potentielle au profit d’une acceptation aveugle de sa finitude. Les ...
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Piper s’inscrit dans la veine des adaptations horrifiques de contes dont la charge surnaturelle et métaphorique se voit saturer, sinon déformer, de manière à correspondre au cahier des charges hollywoodien. Car la matière topique allemande demeure faiblement exploitée, à commencer par l’architecture de la ville de Hamelin que le réalisateur restitue par quelques plans d’ensemble vite expédiés : les intérieurs nous apparaissent ...
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La monstruosité de The Plumber est multiple, forme les trois côtés d’une pyramide au sommet de laquelle se trouve la femme, Jill, liée à deux hommes distincts tant par leur classe sociale que par leurs heures de présence à l’appartement – Brian quitte tôt le domicile conjugal pour l’université, où il enseigne et effectue des recherches, par opposition à Max qui intervient pendant son absence.
Le premier semble sorti d’un ...
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Miss Potter est écartelé entre deux mouvements contraires : le scénario s’efforce d’asseoir la modernité sociale et artistique de son héroïne, évoluant contre vents et marées dans un microcosme masculin et conservateur, qu’il assène à grand renfort de dialogues explicatifs et explicites, là où la mise en scène de l’Australien Chris Noonan, très soignée au demeurant, fige personnages et situations dans un académisme ...
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Comme son titre l’indique, The Man from Hong Kong dialogue entre deux cultures, australienne et chinoise, glisse de l’une à l’autre à la manière de son planeur, c’est-à-dire avec fluidités d’ensemble et à-coups nécessaires au contrôle de la machine. Brian Trenchard-Smith s’amuse des clichés inhérents à chacune des cultures, fait de l’inspecteur Fang Sing Leng un avatar de Bruce Lee s’adonnant dès l’aube aux arts ...
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Dead End Drive-in se situerait, dans la mythologie australienne apocalyptique de Mad Max (George Miller, 1979), quelques années avant le premier opus : le métier d’épaviste situe d’emblée le chaos sur le terrain automobile, que le scénario fige astucieusement entre les murs d’un cinéma de plein air reconverti en « goulag de pop culture », selon les termes du réalisateur, prison à ciel ouvert faisant office de cimetière pour ...
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Trois ordres se superposent dans Picnic at Hanging Rock : l’ordre du monde où tout commence et s’achève dans le même temps et au même moment, harmonie cosmique que vise l’ordre esthétique tourné vers le sublime, en témoignent les nombreuses références picturales internes au récit – on cite Botticelli et sa Naissance de Vénus, rappelée par la coquille placée dans la forêt – et adoptées par la mise en scène comme rigueur ...
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Turkey Shoot semble se satisfaire du scandale de son propos et de son image, délaisse l’écriture du scénario au profit de la mise en place puis de l’accomplissement d’une chasse à l’homme qui ne surprend que rarement, sinon par la brutalité inhérente au geste esthétique du cinéma australien. La caractérisation verticale des parties en présence, avec d’un côté spoiler: les puissants en costume
et de l’autre ...
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La première séquence survient tel un coup de massue : un jeune homme frappe de grands coups sur une batterie improvisée à l’aide de bidons, et sa musique brutale rythme l’achat de roses, rouges et blanches. D’emblée s’observe un décalage entre deux contraires que le film se plaît pourtant à assembler, puisqu’à la batterie urbaine succède Mozart et son concerto pour clarinette quand vient la visite d’un appartement situé ...
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The Sunchaser, chant du cygne de Michael Cimino, est le film de tous les excès, s’attache à un protagoniste médecin qui respecte de prime abord une hygiène de vie scrupuleuse pour l’intégrer à un voyage esthétique maladif et trébuchant fait de toutes les facilités des genres investis, des bons sentiments ultimes dévoilés à proximité d’un lac enchanté au thriller psychologique façon The Hitch-Hiker (Ida Lupino, 1953) ...
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C’est arrivé près de chez vous s’attache dès son titre au fait divers perçu petitement, avec toute la modestie des petites gens qu’il concerne en qualité soit de victimes soit de bourreaux, et davantage encore en qualité de lecteurs et spectateurs. Le film choisit donc d’observer le polar depuis le petit bout de la lorgnette, déforme l’importance accordée aux spoiler: tueurs et invisibilise les forces de police
de ...
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Sorte de campagne promotionnelle pour les avions de chasse et de tourisme de montagne mixée à la sauce Total Recall (Paul Verhoeven, 1990), The 6th Day avance périlleusement, use et abuse d’un montage charcutier pour dynamiser ses lourdeurs narratives et visuelles, somme de situations convenues et de stéréotypes sur un sujet d’actualité, le clonage, que le cinéma de science-fiction a pourtant déjà investi avec davantage de ...
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Étriqué dans son dispositif de deux personnages en un seul acteur, Alter Ego orchestre une série de variations autour du double inversé, juxtapose des saynètes inégales mais vectrices d’un malaise tenace que diffuse intelligemment le jeu délicieux de Laurent Lafitte : qu’il soit reclus dans la maisonnette pour enfant située à l’angle de son jardin, occupé à espionner le nouveau voisinage, ou incarnation parfaite de la ...
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La liberté de notre trio de personnages est annoncée dès le titre original, Zònghéng sìhǎi, soit l’idée de « parcourir les mers en tous sens » que reprendra John Woo en s’attachant à l’élément liquide : la Seine d’abord, à côté de laquelle déjeuner, la mer de Chine sur laquelle il s’agit de prendre le large, la piscine intérieure mitoyenne de la cuisine, les alcools que l’on détourne de leur utilité première ...
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Variation dystopique autour du remarquable They Shoot Horses, Don’t They?, roman américain écrit par Horace McCoy en 1939 et adapté au cinéma par Sydney Pollack en 1969, The Long Walk imagine sa marche à mort comme la métaphore de l’absurdité d’un régime politique autoritaire et de son idéologie nourrie de puissance virile superficielle, fait naître jour après jour un sentiment de révolte collectif dans le cœur de survivants ...
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Plongé dans un cauchemar que répète chaque nuit, The White Buffalo se construit tel un parcours d’éveil jalonné de rencontres dont l’amitié qu’elles portent se heurte aux vérités individuelles, ces mêmes vérités que démantèlera progressivement Wild Bill Hickok. J. Lee Thompson s’attache ainsi à trois marginaux, parias au sein de leur communauté respective spoiler: en raison de leurs actes passés (lui est devenu un « ...
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The City of the Dead synthétise tout un pan de l’épouvante gothique développée en Grande-Bretagne, et plus particulièrement par le studio Hammer dont l’âge d’or se situe justement pendant la production dudit long métrage. Soit un tournage intégral en studio, la reconstitution d’un village défini par quelques lieux topiques (l’église, le cimetière, le motel, l’antiquaire…) où errent des figurants spectraux ayant pour ...
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Au terme du générique d’ouverture, le nom de Jon Favreau apparaît de manière quelque peu retardée, semble échapper à l’énumération mécanique de noms et de titres disposés là selon l’usage, s’attache d’ailleurs non pas à des images grandioses mais au petit Grogu entrant dans la base avant que les portes automatiques ne se referment derrière lui. Ce choix, en apparence anodin, témoigne de l’intérêt qu’a le ...
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Le Crocodile du Botswanga amuse un peu mais surprend par son incapacité à fonctionner sur un temps long, la faute à une écriture morcelée qui avance par à-coups et semble se réjouir à chaque blague formulée. Nous ne retrouvons pas le mordant de Case départ (2011), en dépit de la présence devant et derrière la caméra de la même équipe talentueuse : la satire de deux mondes placés au contact l’un de l’autre, à savoir le ...
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Suite indirecte offerte au succès d’À nous les petites Anglaises (1976), L’Hôtel de la plage retrouve ses déambulations estivales qui composent autant de tranches de vie où se dévoile l’hypocrisie bourgeoise et petite-bourgeoise croquée avec malice et légèreté : en cela, le film s’apparente davantage, la gravité en moins, à Dupont Lajoie (Yves Boisset, 1975), puisqu’il réunit des braves gens travailleurs toute l’année ...
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Il y a, dans le petit cinéma de Lee Tamahori, comme un refrain, celui d’un raccord brutal de l’homme avec des origines, les siennes ou celles de la culture qu’il découvre ou dans laquelle il vit : son James Bond ne déroge pas à la règle et ne cesse de relier deux âges, l’un technologique, capable de rendre invisible une voiture ou de modifier le visage, l’autre ancestrale, en témoignent le recours à l’escrime, les braves ...
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Scary Movie résurrection 2026 retrouve l’outrance vulgaire des deux premiers volets, originels donc, surcharge ses dialogues spoiler: d’insultes utilisées avec le naturel de l’interjection ou l’expressivité de l’adverbe
, intègre les sujets de société chers aux États-Unis d’aujourd’hui à des parodies et allusions au cinéma d’épouvante, rappelant par là que le cinéma d’horreur dispose d’une nature ...
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Obsession s’inscrit dans un goût manifesté par le film de genre pour la satire de la vie de couple, explorée et minée de bout en bout depuis l’angoisse d’une conjugalité collante qui menace l’intégrité individuelle (Together, Michael Shanks, 2025) jusqu’au jeu de massacre des planifications d’un mariage perçu comme injonction sociale (The Drama, Kristoffer Borgli, 2026). Lui investit les paradoxes spoiler: d’un amour ...
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Des Jours meilleurs accumule tous les poncifs du drame social d’utilité publique tel qu’il est pratiqué depuis des années en France : un message rappelé par chaque dialogue et dénominateur commun unique de personnages qui n’existent que pour s’en faire le support de chair, une réalisation illustrative qui ne met pas en scène, met seulement en images des luttes individuelles évidemment terribles et magnifiques, une petite musique ...
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Greenland 2 : Migration produit un double effet de curiosité : d’une part, offrir une suite à un blockbuster médiocre que tout le monde avait justement oublié ; d’autre part, mobiliser tous les poncifs du film catastrophe tel qu’il était pratiqué voilà une dizaine d’années. Le résultat, augmenté de relents conservateurs qui rappellent que « c’est le bazar en Europe » et que les sauvés anglophones deviennent les sauveteurs ...
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Pour son retour aux sources avant sa disparition, Lee Tamahori signe un film historique des plus ternes et académiques, à la mise en scène illustrative qui se subordonne à montrer ce que le scénario a à direspoiler: , à savoir les exactions commises en Nouvelle-Zélande dans les années 1830 liées aux affrontements entre tribus rivales et à l’impérialisme colonial exercé par les Anglais
. Guy Pearce ne dispose hélas pas ...
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Guys and Dolls a conscience des stéréotypes représentés, qu’exacerbe la comédie musicale et cela dès l’ouverture – la séquence la plus réussie du film –, et se complaît non sans malice dans une masculinité définie par ses addictions, son attitude canaille et ses prétentions marginales alors même qu’elles cachent (mal) un comportement enfantin, en témoigne la peur bleue qu’exerce Brannigan sur Nathan Detroit, face à une ...
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Après une mise en place lourdingue mais prometteuse, dans la continuité du geste burlesque d’un Claude Zidi qui n’a cessé d’investir, par la comédie, différents corps de métiers, Le Routard s’égare dans les méandres d’une intrigue concurrente sur fond d’espionnage et de sauvetage d’un objet mémoriel, délaisse la rencontre entre une destination touristique qu’un regard expert doit pouvoir démystifier et l’amateurisme ...
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En réadaptant pour le cinéma l’œuvre de Richard Matheson, Jan Kounen en décuple la tristesse sous-jacente au point de changer Paul en moraliste dont les préceptes servent de ligature entre les séquences, au même titre que les dates. Le motif du cercle, perceptible dès l’ouverture et décliné sous divers aspects spoiler: (rond-point, œil d’un cyclone en constitution ou du spectateur, formes visibles grâce à l’IRM)
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La façon qu’a Podium, adaptation cinématographique du roman de même titre, de reconquérir une vérité à partir de fictions, individuelles et collectives, nécessaire au vivre-ensemble spoiler: – ici, la vie de famille jusqu’alors ébranlée par la vocation du père –
procède par un double mouvement, contradictoire en apparence, de radicalisation de l’imitation, la vedette renouant avec costumes, danseuses et tournée ...
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Captain Underpants atteint des sommets alors même qu’il « ne vole pas très haut », dans le sens où il s’empare d’une matière volontairement triviale, dans laquelle il se complaît jusqu’à l’excès, pour mieux raccorder l’enfance à ce fond essentiel de créativité et de liberté face aux hiérarchies adultes : des toilettes géantes balançant, en guise de munitions, d’énormes rouleaux de papier WC, une symphonie ...
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Déclinaison allemande pour enfants du récent et réussi F1 (Joseph Kosinski, 2025), Grand Prix of Europe bénéficie d’une animation soignée qui s’attache à un ensemble de destinations topiques, à la manière de certains jeux vidéo inscrivant leurs courses dans des espaces de cartes postales : de Paris à Londres, en passant par la Suisse et l’Italie, le récit juxtapose les séquences de parcours automobiles, menées tambour battant, ...
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Hvis Ingen går i fella entend inscrire le slapstick de Mouse Hunt (Gore Verbinski, 1997) pendant les fêtes de Noël au sein d’un discours de réconciliation entre les espèces proche de celui tenu par The Witches (Robert Zemeckis, 2020), dont nous retrouvons également la mise en scène fluide qui réussit à mêler son animation soignée aux prises de vue réelles. En cela, les qualités visuelles de cette production norvégienne, ...
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Backrooms n’est jamais aussi perturbant que lorsqu’il arpente inlassablement les couloirs identiques desservant des pièces identiques et pourtant dérèglées, résultats d’un architecte fou ou de modifications impossibles du bâti, matière d’un cauchemar qui nous renvoie à nos propres peurs. L’intérêt esthétique rencontre ici un discours anticapitaliste bienvenu : le choix d’un vendeur de meubles désespéré par le vide de son ...
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