Grinçante, un poil paranoïaque mais (extra) lucide sur nos angoisses d'antan comme d'aujourd'hui, "Widow's Bay" est l'une des meilleures surprises du printemps.
On aime "Intraçables" pour la prestation de Sofia Essaïdi, bluffante de justesse dans le rôle de cette mère courage prête à tout pour protéger son fils et découvrir la vérité, conjuguée par une intrigue assez bien ficelée et originale. Autre petit plus : le format XXS de six épisodes qui permet de gober les épisodes à la chaîne en très peu de temps.
La mise en scène pop, servie par une BO sexy, vient percuter l'aurtérité glaçante de Gilead. Ce qui souligne non seulement l'acuité visionnaire d'Atwood, mais rend cette série plus nerveuse, plus accrocheuse, plus... fraîche !
Entre une mère cagole (Michelle Pfeiffer en grande forme), un père ex-catcheur et des copines lunaires, Margo est servie en répliques nerveuses. D'autant qu'elle possède une langue bien pendue. Une des marques de fabrique de David E. Kelley qui sait manier la joute verbale ou faire parler les silences.
Derrière les sourires figés, "Privilèges" distille la tension constante qui électrise les murs d'un palace, de la conciergerie aux parkings à belles cylindrées.
Marivaudages, trahisons, manipulations et autres sombres secrets, sans oublier la puissance de l'amitié féminine : il ne nous en faut pas plus pour être accro à ce thriller très sexy.
Trop occupé à faire du Wong Kar-wai, le cinéaste éparpille les détails de l'intrigue façon puzzle, sur les pas d'un héros bien habillé et très creux. On lutte pour suivre, comme dans "Succession", avant de se laisser endormir par cette immersion dans la nostalgie de la ville de son enfance...
Trente épisodes, c'est ce qu'il fallait au réalisateur hongkongais pour déployer son art, et toute sa sophistication. Ralentis maîtrisés, palette chromatique irréprochable...
Steve Carell, le héros de "40 ans, toujours puceau", a bien vieilli... Il est à présent un auteur de romans sexy et testostéronés, mais aussi un gentil papa un peu complexé. Invité dans l'université où sa fille enseigne l'histoire de l'art, il découvre les règles post #MeToo, les ragots de la salle des profs et les relations pas faciles avec des étudiants exigeants, puritains, cancres et LGBTQI+, et parfois tout ça en même temps. La chronique craquante d'un papa qui essaie de suivre.
Avec une Rachel Weiz tout en chatteries et un Leo Woodall nunuche à souhait, cette romance "slow burn" raconte avec humour la difficile transition de l'âge de la transgression à celui du consentement. Pas si cucul !
Si la vitalité de l'oeuvre originelle subsiste, le topos religieux offre à ce nouveau "Prophète" une dimension à la fois plus mystique et politique. Le tout devant la caméra réaliste et sensorielle du cinéaste italien Enrico Maria Artale.
Si le sujet semble classique, cette série british réalisée par l'inconnu Sotiris Nikias épate un peu plus à chaque épisode, avec une Sophie Turner imprévisible, des scènes d'action intenses et un scénario pour en faux-semblants. Du beau travail.
Rien de révolutionnaire, mais des scènes de sexe sans vergogne et une (gentille) dénonciation de l'homophobie dans le sport : un plaisir coupable mais pas girly.
On s'y croirait : de la fange du Moyen Âge, on sent d'ici l'odeur des écuries et des toilettes sèches. Mais on peut aussi se perdre un peu, entre la bromance contrariée des deux lascars, plus qu'improbable, et l'Histoire avec un grand H joyeusement malmenée... Sans parler de la surenchère d'hémoglobine dont on se serait passé.
Avec "Love Story : John F. Kennedy Jr. et Carolyn Bessette", Ryan Murphy porte à l’écran une histoire d’amour sous surveillance, belle et fragile, qui continue de nous fasciner, même trois décennies après la tragédie.