Dix ans après le lancement de la série sur la plateforme américaine, ses sympathiques personnages reviennent dans un film poussif. N’ayant malheureusement rien d’intéressant à dire, ils crient de plus en plus fort.
Le documentaire ne se lasse pas de filmer ces larmes jeunes ou vieilles. C’est un ruissellement universel, fédérateur, continu. Une oasis de larmes. Pour un peu, on se croirait à l’enterrement de Lady Diana.
Pas de quoi nourrir un grand film malgré les efforts du réalisateur pour faire un mini-suspense de tout (y compris autour de l’épouse de Stagg enceinte) et reconstituer des bribes de l’offensive du D-Day.
De beaux débuts derrière la caméra (16 mm) pour Félix de Givry, ex-acteur devenu producteur avec le magnifique « Arco », autre histoire de déracinement d’un garçon rêveur sauvé de ses désillusions par le regard amoureux d’une fille.
Les deux auteurs revisitent le mythe d’Orphée dans un délire visuel en costumes haute couture, où ils embarquent stars internationales, morceaux d’opéra et tubes pop pour un voyage musical laissant un peu à quai. L’emphase est-elle synonyme de style ? Pas sûr.
Le film, ours d’argent au Festival de Berlin cette année, charrie son lot d’échos actuels et sa mécanique, consistant à rendre de plus en plus poreuse la frontière entre le réel et les fantasmes du chef de clan, interpelle. Elle est malheureusement grippée par une mise en scène en surplomb, redondante, à la fois elliptique et appuyée, qui crée moins de trouble que de confusion.
Un délire transgressif, psychédélique et obsessionnel sur la corrosion du septième art, ses obsessions vampiriques et l’asservissement du spectateur. Furieusement recommandé.
Arnold, souriceau dépressif et chômeur, est convaincu que le monde libéral et capitaliste imposé par la multinationale hégémonique Alma est une imposture et que la réalité est ailleurs. Un appel à la rébellion, sublimé par un graphisme d’une excentricité salutaire.
C’est moins un seul contre tous qu’un seul contre soi, moteur de ce « Brokeback Mountain » marin un rien programmatique mais à la mise en scène intense et tellurique.
Le film trouve son rythme et sa personnalité au fil d’une intrigue certes sinusoïdale mais ô combien généreuse, capable d’amalgamer une foule de forces vives éparpillées ici et là.