Une jolie chronique avec Hafsia Herzi, au cœur d’une famille construite sur l’absence d’un père.
Première Guerre mondiale. La découverte sur les côtes anglaises d’une jeune fille inanimée suscite la défiance des habitants. A New York, une fillette embarque sur le « Lusitania ». Ces deux récits s’entrelacent dans un canevas féerique qu’une animation lyrique vient exalter.
Un triangle amoureux à la réalisation trop lisse.
Cette autofiction sans complaisance joue malicieusement avec le trouble d’une sincérité trafiquée.
Au cœur d’un écrin minéral évoquant la beauté figée des peintures sacrées et des icônes orthodoxes, Gilles Lellouche et Lars Eidinger résistent avec talent à la muséification. Sans néanmoins briser la rectitude narrative de László Nemes.
En adoptant une esthétique en contradiction assumée avec une approche plus âprement réaliste, le cinéaste sublime et partage avec le spectateur l’amour absolu, débordant et généreux qui soude cette famille hors norme.
Ce film de monstre sud-coréen pulvérise la concurrence.
Ce film crucial évoque un mensonge d’Etat et acte l’indispensable rectification de notre histoire officielle.
Guillaume Canet s’empare des fétiches du cinéma espagnol et livre un film convaincant.
Malgré la belle étrangeté visuelle d’Alexander Skarsgård, ce film est un cliché sur pattes.
Déguisements, novlangue, mais aussi un mélange caractéristique de naïveté, d’orthodoxie et de dévotion forcenées forment un terreau gaguesque suffisamment riche et meuble pour que l’acteur-réalisateur (dans la peau d’un père décidé à aiguiller sa fille sur une voie plus rationnelle) y pioche sans forcer. On peut voir dans ce relâchement une manière de facilité autant qu’un fond de bienveillance tant Judor, soucieux de n’accabler personne, joue ici à fleurets mouchetés.
Chaque plan de ce film déborde de second degré et de détails hilarants.
Dans « Une femme aujourd’hui », Robert Guédiguian raconte une histoire radicalement humaniste de déclassement social.
Entre les fantômes et splendeurs figées de l’Histoire et l’émotion brute, inconfortable, d’un teen movie réaliste, entre les corps pétrifiés par le Vésuve et le spectre menaçant de la reproduction sociale, le grand prix de la Semaine de la Critique nous balade avec grâce, sa mélancolie de moins en moins sourde l’élevant à des hauteurs romanesques insoupçonnées.
A contre-courant des injonctions larmoyantes attendues sur un tel thème, la cinéaste cisèle un drame solaire, engagé et poétique, quelquefois suranné et inutilement lyrique, sans jamais alourdir son propos par une tonne de tragédie. Monia Chokri en sœur désemparée et empathique est bouleversante.
Un premier film pointilliste mais peu pointilleux, présenté à la Quinzaine des Cinéastes cannoise, qui affiche ostensiblement sa sensibilité plus qu’il ne l’exprime.
En recueillant face caméra et dans la longueur les témoignages – autrement dit, une parole étranglée –, son film touche évidemment au plus juste d’un engagement humaniste et politique dénué de toute récupération idéologique.
La douce mélopée mélancolique du film laisse sédimenter les douleurs enfouies, les nombreux doutes et les inquiétudes féministes. La fausse simplicité d’écriture compose en contrepoint le portrait bruissant et complexe d’une actrice.
Un devoir de mémoire indispensable et graphiquement splendide.
Le film, long, implacable, manque un peu de nerf et de mystère. A guerre totale, démonstration clinique (et grand prix à Cannes).