En dépit de quelques longueurs, l’ensemble se révèle brillamment écrit. Mais la série nous tient surtout en haleine grâce à l’interprétation impressionnante de Colin Firth, bouleversant en père détruit par un deuil impossible.
Tendre et énergique, l’ensemble sonne juste malgré quelques blagues trop schématiques sur les rapports filles-garçons, ou déjà vues et revues, comme lorsqu’il s’agit de s’inquiéter de la présence de l’ex d’Angèle, caricaturalement beau gosse.
Malgré une production luxueuse, la série, comme vidée de toute humanité, ne parvient pas à faire de ses personnages autre chose que de sombres stéréotypes. Dans ce théâtre noir, métaphore qui sonne creux, les comédiens déclament leurs partitions.
Après "Mon petit renne", l’auteur confirme l’originalité de sa plume, rageuse, perturbante — au point de nous faire douter de la noirceur de son propre esprit. "Half Man" est à déconseiller aux âmes sensibles… ou à leur recommander, car elle parle d’elles. De façon extrême mais poignante.
Si les partis pris esthétiques des deux réalisateurs ne manquent pas d’intérêt, avec des plans composés comme des tableaux du Caravage et une efficacité certaine dans les séquences d’action, on ne peut pas en dire autant de l’écriture balbutiante de la série.
Cette minisérie anglaise, adaptée d’une autobiographie, dissèque l’effet de la violence masculine à travers l’histoire d’une rescapée d’une tentative de féminicide. Glaçant, malgré un suspense un peu bateau.
Mêmes acteurs, même complicité potache, mêmes parenthèses fantasmagoriques, mêmes loopings bluffants de l’escadrille de vannes à l’incursion du tragique. Comme si c’était hier… à quelques différences près.
S’il faut avouer que le résultat est un peu inégal — autant dans l’action et la mise en scène, parfois caricaturales, que dans la direction d’acteurs un peu forcée —, "Phœnix" fait mouche en s’attaquant à la notion controversée, et donc forcément un peu risquée, de l’écoterrorisme.
Pertinente revisitation du mythe de la caverne, la série convoque toute la puissance de l’endoctrinement et la séduction des mises en scène rituelles qui structurent la communauté des adolescentes.
Huis clos filmé presque sans respirations, leur série multiplie les images chics, les séquences chocs, les intrigues excentriques et les rebondissements, au risque de préférer l’efficacité à la subtilité.
La forme est classique, jusqu’à ce petit coup de mou narratif que l’on repère souvent dans les séries Netflix aux alentours de l’épisode 6. Mais la force du récit reste.
Disons que cette série pourrait parler aux gens très, très, très bon public, qui sauront retenir les blagues qui tombent juste, car il y en a quand même une par épisode, parfois deux.