Entre un début sinistre et une fin laborieuse, on a pourtant le sentiment d’avoir vu, au milieu du film, le meilleur de Dupieux, grâce à la présence d'Adèle Exarchopoulos.
Materialists n’est pas sans défauts, mais il est sauvé par la croyance dont il témoigne envers son remarquable trio de comédiens, Dakota Johnson en tête.
Le premier mérite du cinéaste-romancier est de considérer que la banalité est paradoxalement source de singularité et que les infimes variations du quotidien valent que l’on s’y attarde.
En radicalisant le geste rétrospectif de Voyages en Italie, Sophie Letourneur orchestre une hilarante cacophonie familiale où affleure une angoisse inédite dans son cinéma.
Le projet du film est original : il entend reproduire la perception d’une petite fille de ses deux à ses trois ans, dont le regard est sans cesse stimulé par un monde pas encore bien compris.
Après Top Gun : Maverick, Kosinski et Bruckheimer semblent courir après le rêve d’un blockbuster chimiquement pur, qui ne viserait au fond rien d’autre que le vertige d’une sensation.
Boyle s’imagine sûrement être un formaliste subversif ; il est en vérité un pasteur forcené de la laideur, et son film une croûte éloignant la franchise de son modeste objectif pour dessiner une nouvelle saga augurant le pire.
Dommage que la forme composite du film entrave le regard sensible sur le quotidien de la guerre, qui affleure pourtant à certains endroits, au gré d’heureux accidents.
Un pied dans la mystique de la jeunesse, un pied vaguement dans le Réel avec un grand R, le film tricote une ambivalence artificielle, bien que ponctuellement troublante dans les interactions entre les personnages.
La beauté de Jardin d’été réside dans cette manière de ne jamais opposer l’imaginaire au réel, mais d’en faire plutôt le vecteur d’une exploration au fil de laquelle les enfants font l’épreuve de la matérialité du monde.
Le scénario se maintient au bord d’une véritable plongée psychique, ouvrant des pistes pour mieux s’en détourner, laissant ainsi l’impression d’un récit empêché, maintenu dans une tiédeur qui contredit ses ambitions.
Plus énigmatique que Kairo (le film de Kurosawa auquel on pense le plus ici), Chime vaut surtout pour ses expérimentations formelles et sa manière de figurer le surgissement du mal.
Ce n’est pas le versant des frères Dardenne que l’on préfère, celui de de la petite mécanique qui étreint les personnages pour en prélever la plus grande intensité émotionnelle.