Une mise à nu qui ne fait qu’épaissir davantage le mystère d’une fortitude blessée, redevenue étrangère au spectacle auquel elle s’est pourtant livrée (...).
La réussite est complète lorsque l’on constate finalement qu’au terme du film, le cinéaste s’efface pour nous laisser méditatif face à ce mystère né de l’alchimie entre un son de guitare sale comme un trottoir, une ligne de basse obsédante, des roulements de batterie tribaux, et une voix de possédé.
(...) il y a (...) des choix délibérés de mise en scène et de montage qui donnent au résultat une intégrité dont il ne pouvait décemment pas faire l’économie.
Le jeu d'équilibriste fuyant, entre intention de faire le portrait d'un marginal singulier et marottes de conteur jouant avec des codes, le flou qu'il laisse flotter sur sa figure criminelle, se confondent finalement avec une certaine idée de l'insaisissabilité du Mal.
"Valley of Stars" se révèle une tentative de cinéma foisonnant, surréaliste, labyrinthique, invitant l’esprit aux chemins de traverse – expérience stimulante, même si pas tout à fait aboutie.
Si ce drame guetté par le ronronnement du "world cinema" n’y sombre pas tout à fait, c’est parce qu’il sait rester proche de personnages pris entre les feux de ce conflit au point que leur comportement se retrouve réfractaire à ce manichéisme même.
Le film est représentatif de la vacuité d’un cinéma qui pense s’adresser plus efficacement à son jeune public par le clinquant et le tape-à-l’œil, ambassadeur anachronique du blockbuster racoleur par excellence (...).
(...) ici, si le monde est une scène, cette scène est avant tout un décor (...) qui oppresse les personnages en les replongeant dans un encerclement déjà établi. Quelque chose s’est perdu en chemin – définitivement.
Peinant à donner aux personnages le minimum de crédibilité requis, "Compte tes blessures" se condamne vite à enregistrer la performance un peu cabotine de comédiens prêts à tous les excès pour donner vie à des archétypes.
La clef du film est certainement confiée aux jeunes mains d’Elle Fanning, fugace figure d’apprentie actrice déchue, convertie au prêche protestant, dont le destin cristallise les contradictions de l’Amérique.
(...) l’absence patente de folie et la timidité insurmontable de la mise en scène n’ont plus qu’à compter sur une bonne dose de bon sentiments pour espérer emporter la mise.
Les plongeons vertigineux sont ainsi filmés avec une certaine fluidité, une élégance qui permet d’opposer l’imminence du danger avec la beauté sauvage du décor.
Écartelé entre ses genres et entre ses sujets, "La Communauté" manque d’une réelle densité cinématographique pour tenir le tout de manière convaincante.
Si "Flammes" théorisait en son temps la belle question du fantasme et des désirs d’incendie encore vivaces en 1978, "Belle dormant" vient à point nommé travailler notre tropisme actuel sur l’image et en dresser un état des lieux.
Avec une économie de moyens impressionnante, Antony Hickling parvient à articuler le récit balisé d’une quête existentielle à une ambition avant-gardiste.
Avec ce premier long qui regorge de trouvailles et se détourne constamment des évidences, Anna Rose Holmer fait du corps le site d’une ambivalence, d’un lutte pour tenter d’être soi parmi les autres.
"The Birth of a Nation" ne semble exister que pour signaler aux aînés de Nate Parker, artisans plus chevronnés de grosses machines de prestige sans conscience, avec quelle efficacité servile il peut faire un travail comparable aux leurs.
C’est toute la subtilité d’"Entre les frontières", de ne pas présenter cet atelier et les événements qui s’y produisent comme un inconditionnel bain de joie égalitaire et créatif.