Pour peu que l'on soit complètement étranger à la culture musicale du film (très anglo-saxonne, reconnaissons-le), "Rock Forever" se montrera vite pour ce qu'il est : une avalanche de bruit inutile et sans fureur.
[Contre] Depuis plus de dix ans, en dépit de son hyperactivité et malgré quelques éclairs, le génie versatile de Soderbergh n'a rien produit qui vaille qu'on s'y attarde trop longtemps (...). "Haywire" ne changera rien à ce constat, même s'il eût sans doute été naïf de l'espérer. C'est après son propre appétit de cinéaste que court Soderbergh en variant les plats.
Il y a beaucoup de sommets dans la longue carrière de Billy Wilder ; "La Garçonnière", réalisé après le célébrissime "Certains l'aiment chaud", en est indéniablement un, et pas des moindres.
Sans remettre en question les qualités de metteuse en scène d'Hagar Ben Asher, l'on espère que, dans ses prochaines ouvres, le refus du moralisme ne sera plus synonyme d'inconsistance.
Le public y retrouvera l'écheveau complexe qui a fait le succès des films suivants. Au milieu des couleurs, il fera surtout une rencontre restée orpheline dans sa filmographie, d'une passion-obsession plus grande que la mort : Akbar et sa fureur de vie
Quand, dans "La Colline des hommes perdus", on ne se cogne pas aux murs des cellules, les visages braillards de l'autorité se chargent, eux, de les cimenter.
Faces, expérience cinématographique éprouvante, puise sa force (...) dans le brouhaha permanent d'où émergent des fulgurances esthétiques (...), dans ces instantanés bruts jetés au visage du spectateur sans précaution aucune, sans mode d'emploi.
"To Rome with Love", sorte de mauvais mélange entre "Vicky Cristina Barcelona" et "Minuit à Paris", devrait davantage mettre tout le monde d'accord. La suspicion n'est plus permise : le cliché est ici indigeste et l'intrigue dépourvue du moindre intérêt.
Avec ce Mississippi, on trouve malheureusement un paysage sans imaginaire, dans lequel Matthew Gordon installe ses acteurs amateurs et construit une famille décomposée.
"Paradis perdu" distille une sensation d'étouffement, plutôt bien rendue par une image au contraste parfait, mais préjudiciable au reste du long-métrage, carrément empesé.
Comme quelques films qui déboulent de temps à autre, "Holy Motors" nous rappelle qu'il n'y a pas lieu de transiger, que l'on est toujours en droit d'attendre beaucoup du cinéma. On n'a pas fini de faire et refaire le tour de la prodigieuse dernière oeuvre de Leos Carax.
Alessandro Comodin filme comme une transe le dernier été comme sourd de Giacomo, adolescent qui a décidé d'être opéré pour entendre de nouveau. Centré sur les sensations fugaces, le film consigne les émotions du jeune homme.
En confrontant un sujet polémique sur l'éthique médicale à un personnage de comédie burlesque, Ken Scott réussit son coup. Le rire permet d'aborder sans démagogie une question sensible et complexe dont la société occidentale ne peut faire l'économie aujourd'hui.
"Quand Souffle le Vent" synthétise universalisme et intimité, graphisme irréprochable et tragédie humaine. Un grand moment de cinéma qui se faisait attendre en France depuis plus de vingt cinq ans.
"La Part des anges" est un film qui, ne parvenant pas à poursuivre la jolie valse tonale qu'inaugure sa première demi-heure, voit son récit se vautrer définitivement dans un flonflon de banlieue à l'optimisme social sirupeux.
Film apocalyptique, "One O One" suit le parcours d'Abbas, brute épaisse qui porte sur ses épaules un récit elliptique dans des paysages désolés où toutes les situations finissent par devenir pesantes.