"Las Corrientes" se refuse un temps à livrer une lecture causale et univoque du mal-être de son héroïne, mais n'échappe pas in fine au piège de la psychologie.
Si le tempo échevelé tourne parfois au matraquage de gags, le style de Lord et Miller injecte une énergie rafraîchissante à cette grande machine bien huilée.
Comment concilier la force centrifuge d’un personnage principal à la voix surplombante, qui fait la force d’un récit à la première personne, et le film social que Micheli tente de mettre en place ? "Nino dans la nuit" ne résout pas cette contradiction.
Cette union des contraires fonctionne à plein régime grâce à la rencontre de deux natures d’acteur : le bavard Harry Melling, tout en maladresse burlesque et expressivité exacerbée, contre la statue impavide Alexander Skarsgård.
C’est ce qu’il reste de ce vernis hollywoodien, même craquelé, qui fait l’intérêt de "Coutures", film par ailleurs très plat dans son approche réaliste de la mode.
La multiplication de procédés empruntés au tout-venant du documentaire télévisuel permet certes d'insuffler du rythme, mais laisse peu de place pour penser.
Œuvrant dans le sillage de ce beau personnage insaisissable, le film zigzague entre les écueils de l’exubérance et de la noirceur, emmêle les échappées poétiques et les considérations plus terre à terre.
À son meilleur, le film retourne sa vélocité contre son personnage, prisonnier de réactions en chaînes incontrôlables. Mais le récit accuse par ailleurs les limites de la méthode Safdie, qui confine ici un peu au système.
Mascaro envisage la dystopie comme une petite valeur ajoutée d’excentricité, une tentative de conférer un semblant d’originalité à un film qui en est au fond dépourvu.