Cette perspective impressionniste, restituant un flottement mental, tient avant tout de l’ambiance : chez Martone, saisir quelque chose de la vérité intérieure d’un individu passe par l’adoption d’une rythmique particulière.
Les plans articulés autour des discrètes hésitations des personnages et les yeux amoureux d’Auteuil sont sans doute les plus beaux qu’ait jamais captés la caméra de Zlotowski.
Malgré ses limites, le dispositif du film met en exergue l'écart irréductible qui nous sépare des crimes perpétrés à Gaza. C'est à cet endroit qu'il trouve sa raison d'être.
Cette superposition contrariée, où la parole, l’enquête et la réflexion viennent inlassablement buter sur des images dénuées de sens, met en scène l’impossibilité du deuil pour la cinéaste.
Après une exposition un peu lestée de ses intentions, le deuxième long-métrage de Julia Kowalski prend un virage abrasif qui rappelle l'héritage des francs-tireurs du cinéma français.
Parce qu'un film ne se résume jamais à un geste, et qu’un geste ne fait jamais un film, on reste sur sa faim : Saleh s’en tient à une machinerie narrative trop calculée pour susciter un vertige à la hauteur de ce que son intrigue met en place.
Le paradoxe de del Toro est qu’il aime tellement les monstres que ces derniers finissent par ne plus en être : ses films démontrent autant qu’ils « dé-monstrifient ».
Si le film entend célébrer l'originalité d'un artiste, il relève plutôt de l'édifice bien bâti, qui retient avant tout de la notion de « monument » l’idée d’un ouvrage dédié à la mémoire d’une personne, ici l’architecte inconnu d’une arche sans triomphe. En somme, Demoustier prend le parti de Spreckelsen, mais son travail se révèle en vérité plus proche de celui de Paul Andreu.