C’est la partie du film la plus convaincante, le « Laffite show », où l’acteur s’en donne à cœur joie dans ce déluge de bling-bling. Mais la comédie est toutefois vite diluée au profit d'une veine dramatique sur la solitude des puissants.
L’intérêt et la limite du film est de s’en tenir à l’éclat d’un soleil trompeur qui, loin de faire la lumière sur le hors-champ du livre, porte dans son irradiation une ambivalence plus calculée que troublante.
Toutes ces réserves sont justes, mais n’effacent pas le brio de ce petit film diablement rusé, qui paraît de loin approcher avec minimalisme un sujet maximal, quand en pratique, il tire le maximum d’un dispositif minimal, pour déployer et redéployer un même mouvement.
On s’amuse très peu devant le bac à sable installé par Astier, et les interprètes arrivant ici à faire entendre leur petite musique se comptent sur les doigts d'une main.
Cette manière de restituer l’engrenage psychique dans lequel est pris le personnage, a l’intérêt (et le paradoxe, car elle implique une saturation de sens) de sortir du chaos : elle met l’expérience traumatique au centre de la forme.
De ce principe stimulant sur le papier, le film tire hélas essentiellement des vignettes sensationnelles qui font appel à l’iconographie du cinéma d’horreur.
Dracula se heurte à une impasse tautologique, puisqu'il réactive les formes critiques des films antérieurs de Jude sans parvenir à en faire autre chose que des signes d'épuisement.