Cette manière de restituer l’engrenage psychique dans lequel est pris le personnage, a l’intérêt (et le paradoxe, car elle implique une saturation de sens) de sortir du chaos : elle met l’expérience traumatique au centre de la forme.
De ce principe stimulant sur le papier, le film tire hélas essentiellement des vignettes sensationnelles qui font appel à l’iconographie du cinéma d’horreur.
Dracula se heurte à une impasse tautologique, puisqu'il réactive les formes critiques des films antérieurs de Jude sans parvenir à en faire autre chose que des signes d'épuisement.
On aimerait davantage aimer le film, parce qu'il s'adresse avant tout à nous, les "ciné-maniaques". Mais force est de reconnaître qu’il est à peu près aussi charmant qu’anecdotique.
Si le film est par endroits graphiquement impressionnant, il peine toutefois à donner forme aux bouleversements du personnage et s'enferme dans une logique répétitive.
Grimonprez entrelace les archives pour susciter une forme de désorientation générale, mais aussi tirer des documents brassés un élan proprement musical.
De la présence des Beatles sur le sol américain le temps d’un week-end, le cinéaste roumain extrait des images moins officielles – manière de proposer une re-vision de l’Histoire, débusquée dans les interstices du récit collectif.
Ce qui frappe et impressionne dans ce film pauvre, c’est sa richesse : l’alliance du microscope et du panorama, de l’archi-modestie du regard et de la profondeur du propos.
Si ce dialogue entre horizon vitaliste et funeste est renforcé par les circonstances tragiques qui accompagnent la présentation du film, il tient également à la finesse du dispositif de Farsi.
Chez Anderson, la révolution s’apparente d’abord à un état émotionnel momentané, une ardeur à entretenir ou une ivresse dont le film cherche à épouser les flux et reflux.
L’originalité des Tourmentés réside dans sa manière de dessiner tardivement un gouffre au bord duquel Belvaux, fonçant pourtant tête baissée dans la noirceur, s’arrête et se retient de tomber.
En revisitant La Reine des neiges, Lucile Hadžihalilović signe une fable sur l’emprise, où les motifs du conte débordent jusqu’à transformer la perception d’une adolescente en un cauchemar glacé.
La mise en scène nous y oblige : il est moins question ici de regarder l’hôpital que de regarder Drucker – et seulement Drucker – jouer à l’infirmière.
Si le film est inégal, reste un geste par endroits fulgurant, et une gageure de taille : comment filmer aujourd'hui, en tant qu'Israélien, la situation politique du pays ?
Renoir est un film qui paraît ne jamais vouloir creuser en profondeur les situations qu’il esquisse ; en cherchant à tout prix cette subtilité d’apparat, il cède surtout à une certaine facilité scénaristique.