Dans son désir d’exhaustivité, le cinéaste semble faire un listing des situations abusives d’une société indienne encore très attachée à la hiérarchie arbitraire des castes et son conflit avec le Pakistan musulman d’à-côté (ce qui malheureusement résonne fort en ce moment).
L’ULTIME HÉRITIER évite certes de tomber dans la petite tarantinade 90’s, mais se déploie sans aspérités et encore moins de surprise. Banal en somme, il ne tient finalement que grâce à la conviction de Powell, et au charmant duo qu’il forme avec la discrète mais toujours excellente Jessica Henwick.
Lupin the IIIrd the Movie: la lignée immortelle
Titre original Rupan Sansei za Mûbî Fujimi no Ketsuzoku
Le film souffre de la continuité voulue avec les trois précédents opus de Koike, mais une fois lancée, la proposition renouvelle LUPIN III dans le fond et la forme, par la violence décomplexée ou le chara-design plus adulte revenant aux sources hard-boiled du personnage.
Comme la lettre de deux enfants à leur père, comme un souvenir qu’ils tentent de graver dans leur esprit avant qu’il ne s’évanouisse, MY FATHER’S SHADOW dévaste par le contraste entre la grande maturité de sa forme, forgée par deux adultes, et la grande souffrance des deux enfants qui s’expriment à cœur ouvert.
Le film est fort de personnages au tempérament de feu et de ses interprètes d’un naturel ébouriffant (notamment Shirel Nataf, déjà de MA FRÈRE). Un léger misérabilisme et une petite fascination du pire peuvent éventuellement refroidir.
L’amitié est mise à l’épreuve dans ce film somatique sur le traumatisme. C’est aussi un premier passage au long, un peu sage mais particulièrement immersif et touchant, pour son réalisateur Valery Carnoy.
Cousue de fil blanc sans être bêtifiante, cette romance parvient, à l’usure, à nous faire croire à son histoire, malgré un postulat tiré par les cheveux. Une ou deux prises de risque de mise en scène viennent même mettre du relief à ce cinéma visuellement aseptisé, fait de motels en toc et de maisons en plastique.
Phil Lord et Chris Miller opèrent une sorte de croisement entre SUNSHINE et E.T. pour une SF en forme d’ode à la science et à l’amitié. Préparez les mouchoirs.
Efficace, tendre quand il faut, burlesque aussi, JUMPERS sait faire ce qu’on attend de lui. Peut-être manque-t-il un tout petit d’audace narrative ou de lâcher-prise dans la comédie pour atteindre les sommets des meilleurs Pixar.
À force de vouloir être tout à la fois, littéraire et trivial, cinéma de genre et cinéma d’auteur, punk et sophistiqué, THE BRIDE ! finit vite par n’être qu’un objet cérébral, là où il aurait peut-être gagné à n’être que purement viscéral.