Mais surtout, et c’est peut-être ce qu’il renferme de plus beau, ce premier film (on insiste car c’est un tour de force) de Diego Cespedes a un palpitant qui bat la chamade, et fait de ce récit initiatique une exploration de toutes les formes d’amour, avec la conviction qu’il s’agit bien là de la seule manière de regarder l’autre.
Maladroit dans son point de vue amoral sur la jeunesse qui n’a pas à s’excuser de son énergie et de ses rêves – pour ça, mieux vaut revoir TRAINSPOTTING – , peu convaincant dans sa critique tiède du capitalisme, MARTY SUPREME finit par être à l’image de son personnage : écrasant, en force, épuisant.
Comment réagir quand votre ado de 17 ans annonce vouloir devenir nonne ? Réponses, très fouillées et anti-spectaculaires, avec la réalisatrice de la série QUERER.
Alors pourquoi, en dépit de toutes ces qualités, SEND HELP ne marque-t-il pas davantage ? C’est tout le mystère de ce grand petit film d’horreur qui, malgré ses excès, ne dérape pas vraiment – il reste finalement assez sage dans son mauvais goût – et ne parvient ainsi jamais tout à fait à retrouver la démesure insensée des grandes heures de la carrière de Sam Raimi.
C’est un cinéma farceur, coquin et mal élevé, mais toujours pour dépeindre, sans détour, notre rapport tordu à l’élégance et la beauté. Ce qui, au sein d’une industrie hollywoodienne aseptisée, est une saine provocation.
Est-ce trop ? Trop de cinéma ? Trop de détails ? Trop de construction ? Trop de plans qui interrogent et trop de références qui nous échappent ? Peut-être. Mais AUCUN AUTRE CHOIX fonctionne aussi comme la comédie, noire et premier degré, qu’elle est. En cela, Lee Byung-hun – sur toutes les lèvres en cette période des awards – fait un héros pathétique magistral.
Sur le même postulat que le film austro-germanique, très critique du personal branding, PEACOCK, sorti au printemps dernier, RENTAL FAMILY opte pour un traitement consensuel et familial, Disney compatible, grâce notamment à l’affable Brendan Fraser, dans une performance manquant de piquant. Le portrait de la société japonaise, très brutale sous son apparente politesse, est, lui, réussi.
Derrière ce titre ironique, Kelly Reichardt signe le portrait d’un homme se rêvant en grand trafiquant d’art dans un film tout droit sorti des années 70, à la fois modeste et enivrant.
Rallumer la flamme ? Se quitter sur un tendre et ultime souvenir ? Le délicieux épilogue en flashback lorgnant sur MES PETITES AMOUREUSES de Jean Eustache refuse de choisir entre candeur adolescente et responsabilités adultes pour notre plus grand plaisir.
Entre réalisme frontal, humour absurde (de très jolies scènes entre les deux femmes) et envolées lyriques, ce film en noir et blanc (ou presque !) rappelle sensiblement les premiers Jim Jarmusch et défend surtout un cinéma chinois radical et rebelle.
Avec LA GRAZIA, Paolo Sorrentino s’éloigne du bling-bling voyeur de PARTHENOPE et retrouve l’immense Toni Servillo pour une œuvre aussi réflexive qu’humaniste.
amais totalement inintéressante, et parfois même très pertinente, cette fresque ultra hollywoodienne peine toutefois à décoller et à surmonter de gênants écueils.
Un exposé vivant car angoissant des mécanismes du populisme qui, depuis dix ans, gangrène toujours un peu plus les démocraties. Ou quand le gros cinéma populaire français se fait politique à nouveau.