Toutefois, quand se dévoilent certaines blessures derrière cette « usurpation » d’identité, cette comédie joviale révèle son vrai sujet : le tabou du deuil. À 90 ans ou à 20, chacun s’accommode de sa peine, non sans en causer autour. Un drôle de feel good movie.
Après le merveilleux du premier volet, WICKED s’offre une conclusion grave, triste et en colère, ébouriffante de virtuosité et d’ambition. Osé et impressionnant.
L’énergie de SCOTT PILGRIM, la virtuosité de BABY DRIVER, l’humour des CORNETTO et la conscience énervée de LAST NIGHT IN SOHO : bienvenue dans le futur très actuel selon Edgar Wright.
Les déambulations du couple et leurs discussions sur le sens de la vie lorgnent sur la trilogie BEFORE de Richard Linklater, mais c’est quand il laisse place aux silences contemplatifs que Filmon se montre le plus inspiré.
Le fait qu’elle soit jouée par Manon Clavel, petit gabarit aux traits délicats, qui cache une voix grave et un charisme d’enfer, prouve bien que les apparences, ce ne sont que les apparences et qu’appartient aux films de louer les complexités qui font la richesse de ce que nous sommes.
Parodie d’un western où se croisent le tournage d’un film hollywoodien, des promoteurs véreux, une communauté de marginaux et un mystérieux guitariste, DUEL… multiplie les gags et les séquences musicales avec plus ou moins de réussite, et plus ou moins d’anachronismes. Reste que Plympton a l’air de bien s’amuser et sa liberté s’avère jouissive.
Même si on comprend rétrospectivement cette première partie outrancière qui préparait le terrain de la suite, on regrette qu’elle ait été aussi longue, car cette deuxième heure est ce que l’on aurait voulu voir depuis le début. Un HAIRSPRAY qui rencontre les Pussy Riots, politiquement puissant et intelligent, aussi vénère qu’émouvant.
Guillermo del Toro a rêvé toute sa vie de cette adaptation du livre de Mary Shelley. Peut-être un peu trop, tant tout apparaît ici mécanique et convenu, sans réelle saveur.
Filmée froidement, la chose met un certain temps à trouver son impact – d’autant que certaines scènes diluent le procédé, comme la longue confession d’un vieil homme dans un train. Mais l’inéluctabilité que capte le cinéaste, elle, est un bloc de noirceur, insondable et percutant, d’autant plus en regard de la noblesse sacrificielle de ce personnage élégamment campé par l’excellent Aleksandr Kuznetsov.
Filmé avec bienveillance et campé avec encore plus d’élégance par Claes Bang, cet homme inflexible pourrait agacer. Il est au contraire touchant d’humanité et de droiture.
La chronique pourrait être misérabiliste ou condescendante, elle est au contraire constamment au côté de sa protagoniste, à étudier la manière dont l’ultra libéralisme déshumanise et désunit. À moins que les travailleurs se rassemblent. Dur, mais dans la lignée des meilleurs films socio réalistes anglais et pour cause : la société de Ken Loach est à la production.
Le mélo du couple sulfureux, les prothèses, la déco rococo, la mise en scène du retour de The Rock à un cinéma plus incarné ont pris toute la place. Les images pop et chic de ses tournées au Japon aussi. L’histoire, elle, s’est perdue en chemin, entre les promesses d’un cinéma affranchi des codes hollywoodiens et son académisme.
Insistant lourdement sur son authenticité – des plans sur les photos d’Obama dans la situation room lors de l’attaque sur Ben Laden ou des mentions à l’Ukraine l’insèrent même dans notre réalité –, le film détourne son regard des dangers qui rongent l’Amérique depuis dix ans, prenant sans doute pour excuse d’avoir été écrit avant la réélection de Trump.
En faisant de ce 2075 une version à peine futuriste de notre 2025, le cinéaste touche juste sur ce qu’il dit du monde, glissant avec une aisance folle dans une vaste diversité de sujets allant de l’écologie à l’amitié en passant par la solitude et la déconnexion au vivant.