Dans les arcanes de la machine judiciaire, l’humanité : avec son dispositif rigoureux, STUPS s’impose en impeccable exercice de storytelling par l’image.
Même s’il est une adaptation, MARCHE OU CRÈVE est de ces films pas forcément faits pour gagner gros au box-office mais réalisés avec intelligence et savoir-faire.
Traversant les genres, entre comédie musicale, mélo et film d’auteur, A BIG BOLD BEAUTIFUL JOURNEY parle des rôles que l’on joue, des histoires qu’on se raconte pour tenir debout. Avec le cinéma et la fiction comme seuls moyens de sublimer et de tout supporter.
Le cinéaste crée, sans le verbaliser, un dialogue pertinent avec ce qu’étaient les Beatles – le groupe refusait de jouer dans des salles où avait cours la ségrégation, par exemple – et, avec poésie et une douceur touchante, donne à ressentir une époque qui vibrait d’un espoir furieusement transformateur.
La performance de Camille Cottin, comme animée d’une force invisible, tient le film en équilibre entre mélo et thriller. À tout moment, REMBRANDT pourrait être grotesque. Et c’est justement en marchant sur la crête, en osant pousser les curseurs, que Schoeller fabrique ce cinéma inquiet, pour annoncer les temps à venir.
Au milieu de tout ça brille Léa Drucker qui, huit ans après JUSQU’À LA GARDE, et quelques semaines avant DOSSIER 137, fait à nouveau de son visage l’incarnation d’un appel à l’aide digne, mais déchirant.
Théodore Pellerin est un grand compagnon de route ; la justesse et la sensibilité qu’il déploie pour incarner une carte de la sidération force franchement l’admiration. Et forcément, notre empathie la plus sincère.
Le tout porté par une mise en scène diablement évocatrice, extrêmement troublante, où le passé, le présent et d’hypothétiques futurs se croisent et s’entremêlent grâce à un montage incisif.
Les enjeux de LEFT-HANDED GIRL sont à hauteur d’enfant et ce n’est pas pour ça qu’ils ne sont pas sérieux : d’un vol de porte-clé à un anniversaire qui tourne au règlement de comptes, Shih-Ching Tsou livre un film généreux et insouciant, où tous les problèmes se résolvent avec joie. Un plaisir.
C’est interminable. La simplicité du premier CONJURING, l’excellence de sa mise en scène du noir, ses effets de peur avec une porte qui s’ouvre seule ? Loin. Aujourd’hui, CONJURING sort l’artillerie lourde en matière d’effets numériques et de maquillages et… Même pas peur.
Délire spirituel qui cherche la lumière dans l’obscurité ou parabole politique sur un monde en conflit qui n’épargne rien, ni personne, SIRÂT est tout ça à la fois. Mais il est d’abord un choc.
Aussi contemplatif que d’une précision incisive, RENOIR décrit simplement et honnêtement cet âge où, à chaque instant, se côtoient la naïveté et la cruauté. Où tout est encore possible, le meilleur comme le pire.
Une vivacité et une richesse qui ont toutefois une limite : aux deux tiers, LIBRE ÉCHANGE connaît une inflexion de rythme, comme si les deux auteurs, partis en trombe, devaient reprendre leur souffle pour gérer un récit qui se fait alors un peu plus sérieux, acide et mélancolique. Rien qui ne vienne toutefois totalement entacher la démarche touchante de ces deux garçons capables de raconter de jolies vérités et de beaux sentiments avec une bonne dose de bêtise.
Le spectateur, frustré par trop de stagnation, désespère que le film dévoile enfin toutes ses cartes. Le propos que déploie Kurosawa sur la vengeance et la déshumanisation qui l’accompagne reste d’une puissance inaltérée, tout comme l’implacabilité de sa mise en scène, tranchante et clinique. Mais l’on attend forcément plus d’un si grand cinéaste (...).
Jamais redondant, EXIT 8 multiplie les partis-pris forts : il débute en vision subjective et plan-séquence, rappelant la mécanique du jeu mais, conscient du potentiel de gimmick de ce dispositif, transitionne rapidement vers un point de vue classique à la troisième personne.
Hollywood aura beau vouloir vendre une grosse banane – ce que CAUGHT STEALING est également –, il y a aux commandes un cinéaste qui ne peut échapper à son ADN, aux thèmes qui le préoccupent – dont l’addiction de l’Amérique à son rêve débilitant –, et à son regard inquiet sur le monde. Une singularité qui donne évidemment toute sa pleine saveur au divertissement.