Toujours des dialogues qui font mouche mais un cruel manque d’enjeux et de souffle. La suite de l’adaptation cinéma de la série culte de M6 contentera peut-être les fans mais laissera les autres en manque de Graal, malgré l’ambition affichée d’Alexandre Astier.
L’homme vieillit mais la persistance du mal nous étouffe. On se dit que l’incroyable August Diehl (En mai, fais ce qu’il te plaît, Une vie cachée) n’a pas pu sortir indemne de cette autopsie mentale présentée au dernier Festival de Cannes.
Hafsia Herzi évoque Fatima la pieuse, celle qui croit aux djinns et fait sa prière, en hidjab. Un imam laisse clairement entendre que, même si c’est moins grave que pour les hommes, l’homosexualité est prohibée. Tabou radioactif, qui nous vaut un très audacieux et très subversif montage cut entre deux images (vous le remarquerez), mais qui n’est traité que par intermittence. Le récit d’éducation sentimentale se révèle beaucoup plus émouvant.
Contre toute attente, il en résulte une fable troublante et émouvante... néanmoins jalonnée d’effets spéciaux au top et de plusieurs morceaux de bravoure.
L’auteur des « Triplettes de Belleville » imagine un dialogue entre Marcel Pagnol et l’enfant qu’il était. Ça donne un film d’animation plein de poésie mais aussi un récit très studieux.
Le cinéaste roubaisien jouit d’un orchestre de haute volée : François Civil et Nadia Tereszkiewicz enflamment ces retrouvailles qui questionnent l’héritage, la paternité, la peur des responsabilités et la fuite. On notera aussi l’excellente prestation d‘Hippolyte Girardot, l’agent de Mathias, qui le couve comme une mère fantaisiste mais clairvoyante. Question de filiation, là encore.
D’un côté : une esthétique high tech toujours aussi riche dans ses trouvailles visuelles ; une histoire indépendante créant suffisamment de ponts pour respecter la franchise (Jeff Bridges, mais oui !) (...) Mais d’un autre côté : une émancipation de l’IA assez convenue et pas vraiment à la hauteur des enjeux qui enflamment aujourd’hui le monde.
Bonne nouvelle : cette fantaisie pas avare en gags ne repose pas que sur le décalage anachronique. La deuxième partie tend à épaissir ses personnages, une épouse qui trouve le progrès social pas si mal, un patriarche à l’ancienne qui finit par se demander ce qu’il a loupé jadis, et comment il peut corriger ses erreurs. Magie de la comédie !
Ce serait une simple autocélébration fétichiste pour initiés si le film n’embrassait pas une partie de cette joyeuse liberté qui a prévalu pendant la fameuse Nouvelle Vague. On aurait peut-être voulu que Linklater casse lui aussi quelques codes, mais sa caméra capte l’allégresse de moments mythifiés par le temps, qui diffusent un plaisir assez communicatif.
On s’est accroché jusque-là, curieux de ce mélange d’ambition graphique, d’engagement politique, de conte philosophique. Mais le film, bavard et décousu, nous perd en route.
Roschdy Zem, visiblement contraint d’adopter la gestuelle et l’intonation de Montand, ne semble pas à l’aise. Marina Foïs livre quant à elle une prestation formidablement complexe, qui dépasse la simple imitation.
Un simple accident raconte les blessures qui ne guérissent pas, défie la primauté de l’humanité. Un témoignage magistral sur l’emprise du mal, par le biais d’une chronique totalement inattendue, au final qui n’a pas fini de vous hanter.
Même si, de fait, le cahier des charges de toute comédie romantique est respecté : de l’humour bon enfant (cette star qui confond un concombre et une courgette), des gags rigolos (une fuite d’eau mémorable), des seconds rôles savoureux (Pascale Arbillot, Agnès Hurstel, Xavier Lacaille, Alban Ivanov), sans oublier des malentendus et des chamailleries dans un décor glamour et évocateur. Le french lover sévit à Paris, mais pendant deux heures, c’est un peu long.
Le réalisateur surdoué Paul Thomas Anderson évoque le chaos idéologique mortifère qui ronge l’Amérique d’aujourd’hui à travers une poursuite ébouriffante, loufoque et virtuose. Immanquable.
Rembrandt nous interroge sur le beau, sur le temps long, sur la jeunesse (la fille du couple, incarnée par la magnétique Céleste Brunnquell, joue un rôle), en somme sur ce qui restera dans plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, quand nous ne serons plus là. Pierre Schoeller ne vend pas que de la peur, mais aussi de l’apaisement. Gonflé !
À vrai dire, nous regrettons même quelques maladresses, une ou deux séquences qui sonnent faux et une direction d‘acteurs parfois hasardeuse. On est assez loin d’Adolescence, la série événement de Netflix, mais le film de la Belge Solange Cicurel, destiné à susciter des débats, a plusieurs mérites : décrypter le poison insidieux du harcèlement et surtout aller au bout de la démonstration, sans concession.
L’interprétation pourtant investie de Cécile de France ne suffit pas à faire exister les situations qu’affronte son personnage, dont l’issue indiffère. Quant à la présence invisible de Mylène Farmer, elle ne fera se pâmer que les fans.