Tout à tour hilarante et terrifiante, abracadabrante et glaçante, cette cascade d’événements suit finalement une logique implacable dans laquelle Jean Dujardin, dans le sillage de I Feel Good du duo Kerven-Delépine, se glisse avec une parfaite aisance.
À l’instar d’une pièce tragique rehaussée d’humour noir, Un havre de paix, d’ailleurs interprété par trois vrais frères, pose des questions essentielles pouvant trouver une résonance bien au-delà de cette région du monde.
Bong Joon-ho multiplie les scènes d’anthologie en brossant le portrait d’une frange de la société qui vit « en dessous », qui s’agite la nuit, se nourrit en cachette, dégage une odeur insupportable pour les nantis qui peuplent la surface.
Mathilde Seigner fait preuve de pas mal d’autodérision en incarnant deux rôles opposés (la star capricieuse et l’apprentie actrice) dans cette fable gentillette qui ne repose heureusement pas simplement sur les quiproquos.
Les fans seront sans doute comblés. Les personnages n’ont guère d’épaisseur, la taille du scénario est inversement proportionnelle à celle des monstres, mais quel spectacle incroyable ! Près de 2 h 12 de destruction massive ! On regrette quand même l’onirisme visuel et mélancolique qui faisait le charme du précédent Godzilla.
Le problème, c’est qu’on n’embarque pas avec la folle équipée. On ne rit pas, ou si peu. Et on s’ennuie. Parce qu’au fond, on ne s’attache pas à ces personnages irréels, comme sortis d’une bande dessinée.
La chronologie est bousculée, la comédie musicale s’invite sans crier gare, l’émotion valse avec l’hagiographie kitsch. Une réussite. La performance de Taron Egerton, qui interprète lui-même les tubes de l’artiste pop, n’y est pas étrangère.
Les Dardenne, fidèles à leur style brut, épuré, tendu, se placent avant tout à la hauteur d’un gosse immature et perdu qui devrait plutôt être travaillé par ses hormones que par ses ablutions.