Cette frontière floue entre le bien et le mal va cliver. Sulfateuse pour tout le monde ! Pour notre part, cette claque cinématographique nous a laissé pantois.
Ça s’éparpille trop, sur le fond et sur la forme, et aucun thème (la quête d’identité par exemple) ne retient l‘attention. On a quand même bien aimé le Schtroumpf bruiteur mais il s’évanouit trop vite. Schtroumpf alors !
Nicholas Hoult campe un Luthor fameux. Rachel Brosnahan (Lois Lane) a plus de mal à exister. On fait la connaissance de plein d’autres super-potes (Green Lantern, Mister Terrific…). On se demande si les séquences avec le super-chien (Krypto) ne sont pas parodiques et on observe sans vibrer des scènes d’action déjà vues. Reste que la saga peut redémarrer, sur de nouvelles bases. C’est déjà énorme.
Le scénario, bon enfant, fait cependant le choix du jeune public, de comédiens en herbe pas toujours aguerris, de blagues gentilles et de méchants pas très effrayants, là où on pouvait insuffler davantage de mystère et de grand spectacle. L’objectif est atteint : produire un sympathique divertissement familial.
Honnêtement, c’est souvent hilarant, d’autant que des figurants de luxe jouent le jeu (une embrouille avec Jean-Pascal Zadi, un projet crapoteux avec Michel Hazanavicius). Honnêtement aussi, ça tourne parfois en rond (et pourtant, le film est court). L’acteur hébété, parfois détestable, trouve enfin un chamane mais achète quand même un fusil pour dégommer du condor. À prendre au millième degré.
Des mercenaires en quête d’un ADN de dinos sur une île abandonnée. Une petite famille en mode survie. Et des monstres vraiment effrayants. Le réalisateur Gareth Edwards ne réinvente rien mais revient avec succès aux origines de la saga.
Tout ne s’imbrique pas parfaitement au fil des différentes ruptures de ton, mais le spectateur reste sur une atmosphère singulière enveloppant un terrain peu abordé au cinéma.
La star française continue d’être courtisée et d’alimenter sa carrière américaine mais son dernier thriller tourné outre-Atlantique, disponible sur Prime Video, fait flop.
Pourtant, quelque chose nous perturbe dans ce qui peut s’apparenter à un brûlot misanthrope. Bien au-delà de l’ironie. Film plus sombre, plus pessimiste, plus démonstratif aussi. Comme si Quentin Dupieux voulait dénoncer quelque chose, au lieu de nous convier, comme souvent, dans un univers labyrinthique et inattendu où se perdre relève du délice.
Baigné de couleurs sublimes semblant irradiées de lumière, à l’évidence influencé par le dessin en rondeur des pépites de Miyazaki, ce film français présenté à Cannes et Annecy nous raconte la manière dont se forgent les souvenirs d’enfance.
La bifurcation vers la tragicomédie n’est pas toujours facile à appréhender, mais les réalisateurs parviennent à créer un objet bizarre, parfois drôle, à l’évidence désabusé, qui prend encore un autre relief à l’aune de l’actualité de ces deux dernières années. Prix de la mise en scène dans la section Un certain regard du dernier Festival de Cannes.
Si on est indifférent aux dilemmes en temps réel (gommes tendres ou dures ?), le temps défile moins vite que les bolides. Rien à voir avec Top Gun : Maverick du même Joseph Kosinski, véritable feu d’artifice qui, en dehors de séquences d’action sidérantes, donnait un souffle à son récit et portait un vrai regard sur son héros vieillissant.
Près de deux heures sous tension, sans que le scénario ait besoin d’ajouter des épisodes farfelus, le réel se montrant suffisamment édifiant. Focus sur le suspense et l’épisode héroïque de l’évacuation, sans s’appesantir sur le contexte plus global, les marques de lâcheté ou la mauvaise conscience des forces occidentales, à l’image de la série Kaboul (France 2), inspirée des mêmes faits. Notre regret.
On regrettera juste une tendance à la verbalisation et un épilogue ouvert et elliptique, qu’on aurait espéré marqué par un geste fort, après un récit aussi bouleversant d’ailleurs coproduit par Jacques Audiard et les frères Dardenne.
À la fois thriller et mélodrame familial, A Normal Family ne se contente pas d’étriller la notion de famille en tant que refuge immémorial, il décrit combien enfants et parents peuvent complètement étrangers les uns aux autres. Glaçant.
Rien de nouveau, pourtant ça fonctionne, malgré l’omniprésence d’effets numériques (l’expression « prise de vues réelles » est à relativiser). On a aimé la multiformité du bestiaire, le rythme des scènes d’action, la drôlerie des entraînements des jeunes Vikings, l’autodérision de Gerard Butler en patriarche obstiné mais dépassé…
Dans cette fresque intime déséquilibrée, on aurait souhaité que Tom Hiddleston soit davantage présent à l’écran, mais la proposition reste très audacieuse. Peut-être qu’elle vous donnera même envie d’entrer dans la danse.
Le film va désarçonner les spectateurs qui s’attendent à une comédie échevelée et pétillante. La tonalité est douce, parfois amère, mais finalement très accueillante. Chacun finira par trouver sa voix.