Tout se passe comme si l’histoire avouait une impossibilité de raconter de l’intérieur la créature des forêts, son étrange et singulière histoire vraie, qu’on dirait échappée d’un conte.
Il y a là un joyeux acte de foi dans la création, un fabuleux acte de révélation, un bel éloge de la quête artistique. Avec cette question, à la fin : quand une œuvre est-elle achevée ? quand elle devient visible ?
Le découpage du film, enspiralé en trois histoires, en trois temps différents, avec en leur centre des scientifiques solitaires et rêveurs que relie l’arbre centenaire, est à la fois la force et la faiblesse de ce récit magnifiquement photographié par Gegerly Pàlos.
L’acteur a été consacré aux Bafta pour sa performance magistrale dans cette comédie jamais médicale, mais à tout instant joviale et lacrymale, dans un grand huit sensible.
Cependant, on ne boude pas notre plaisir, tant le film reste plaisant et rempli de gags. Ça fonctionne même si on n’a jamais touché une manette, mais les fans de jeux vidéo apprécieront en plus la foison de clins d’œil proposée.
Sur la même affaire Dupont de Ligonnès, la tragicomédie cruelle et noire de Jean-Christophe Meurisse, Les Pistolets en plastique (2024) était autrement plus marrante, absurde au vitriol.
Il y a de la sincérité dans le couple que forment à l‘écran dans The Drama, Robert Pattinson et Zendaya, lui en névrosé faussement décontracté, elle en fille cool et pétillante, malmenés physiquement et psychologiquement, mais souriants.
À cette filiation iranienne s’ajoute une résonance sensible avec le travail du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan, qui s’intéresse lui aussi à l’étouffement social et existentiel. Si Ilker Çatak n’adopte pas la langueur contemplative ou les plans fixes interminables de Ceylan, il en retient cette manière de filmer la Turquie comme un espace de confinement moral et de chute des idéaux.
Il fallait l’intensité de Daniel Day-Lewis pour rendre chaque instant crucial, silences comme monologues. Il fallait la force de Sean Bean, pour ancrer le long-métrage dans le dialogue et non dans le one-man-show. Il fallait la présence de Samantha Norton pour éclairer une œuvre crépusculaire.
La jeune fille et sa télépathie sont instrumentalisés par un scénario qui les laisse dans leur coin et ne s’en sert qu’en regard du drame conjugal. Laeni Geiseler est assignée à jouer le malaise adolescent sans que l’histoire ne s’intéresse vraiment à elle ni ne creuse sa psyché.
C’est une affaire coiffée : si l’on fait attention, le rire de cette histoire de trafic de drogue tirée par les cheveux passe par la coiffure, y compris la perruque hyperbrushée d’Audrey Lamy.
Samuel Kircher, qui avait été révélé au Festival de Cannes dans L’Eté dernier de Catherine Breillat, impressionne fortement dans le rôle d’un jeune boxeur qui s’enfonce soudain dans la douleur, la solitude et les doutes.