Perdue, manipulée, Corinne Luchaire est jouée par Nastya Golubeva, actrice débutante mais déjà grande tragédienne. Salaud et monstre, Jean Dujardin joue avec la lumière noire d’un Jean Luchaire ambigu, complexe, passé d’homme de gauche pacifiste dans l’entre-deux-guerres à collaborationniste zélé.
C’est palpitant, c’est amusant, et les akènes sans visage aux gazouillis inintelligibles sont filmés comme d’adorables créatures facétieuses et intrépides.
Le dernier film du grand acteur palestinien Mohammad Bakri, mort en décembre dernier, qui concevait l’art comme résistance, comme mémoire. Cherien Dabis fait sien son engagement.
La première comédie de l’humoriste Jérémy Ferrari en tant que réalisateur est peut-être un peu bancale, elle est surtout l’occasion de voir une prestation déchaînée de Laura Felpin.
Comédie policière romantique où on s’amuse davantage des affres du couple que de celles de l’enquête, Le Crime du 3e étage est sympathique mais trop désinvolte pour transcender son idée de base.
Parfois excessif dans son intensité, ce drame projette dans notre époque l’utopie shaker, son idéal d’égalité contestataire des structures patriarcales. Le Testament d’Ann Lee n’est pas seulement un hommage à une oubliée de l’histoire, mais fait de son mysticisme radical une contestation des normes sociales.
On retrouve la fantaisie de Sophie Fillières et son goût du jeu sur les identités, l’écart de soi à soi, comme dans sa ludique comédie burlesque La Belle et la Belle (2018).
La fiancée du monstre qui n’apparaissait que quelques minutes en 1935 dans le classique de James Whale, prend toute sa place dans The Bride !, synchrone avec son féminisme revanchard. Dans le patchwork rapiécé du film, un rien fourre-tout, se joue aussi un jeu de genres, hommages à la comédie musicale et au cinéma muet, sublimés par la photographie de Lawrence Sher.
Le film déploie une énergie chorale pour exalter l’engagement collectif au sein de cette institution. Le casting en phase avec la générosité de ses modèles, insuffle à chaque rôle un élan, symbole d’un dévouement tangible.
C’est quand il le ramène à sa ferme, à sa terre, que Rural réussit la rencontre non seulement avec un paysan au travail, mais avec un homme, aux fêlures brutes, masquées par son armure de lutteur rugbyman.
David Michôd, bien intentionné, s'intéresse moins aux grandes victoires sportives, qu'il met en scène de manière assez conventionnelle, qu'à l'isolement intime de Christy Martin, victime des violences de son entraîneur et mari Jim Martin.
Raoul Peck inscrit dans sa narration la dimension biographique de l'auteur, et comment sa conscience politique s'est forgée à partir de son vécu. Éric Ruf incarne la voix d'Orwell en français, lisant ses écrits avec une diction précise et sans effet superflu, renforçant ainsi l'immédiateté de sa pensée.
Oliver Hermanus soigne l’atmosphère de ce drame d’époque, donnant le sentiment d’un temps diffus, parfois suspendu. Il dirige ses deux acteurs dans un récit lent, subtil et nuancé, d’une sublime douceur et d’une tristesse belle à pleurer. Où il est question, comme dans le chef-d’œuvre Le Secret de Brokeback Mountain (2005) d’Ang Lee, d’amour, de déchirement et de perte.
Avec une grande délicatesse, Yoshiyuki Okuyama va signer une chronique sur les amours passées, à la tonalité forcément douce-amère. Car si le film juge nécessaire d’en faire son deuil, il montre aussi l’inspiration qu’on peut puiser et la joie d’être aimé.
Le réalisateur de La Loi de Téhéran (2019) et Leïla et ses frères (2022) étire la chronique de la vie d’une femme iranienne. Un film sur l’amour maternel, le deuil et la trahison.