Russell Crowe, carrure de géant bouffi, est terrifiant en Göring narcissique et psychopathe. Son profil rappelle celui du serial killer Hannibal Lecter.
Le baise-en-ville est ce mot délicieusement désuet, qui désigne un petit sac qui contient le nécessaire pour passer une nuit hors de chez soi. Martin Jauvat le remet au goût du jour, avec sa modernité enthousiasmante qui ébouriffe la comédie française, dans un récit savoureux sur les pas de côté et la tentative de tout inadapté social de prendre pied.
L’ascension de Poutine - portée par un Jude Law de plus en plus glaçant – sert de mise en garde : l’isolement des politiques et la quête de pouvoir écrasent et broient les gens, amis comme ennemis, à Moscou comme dans le reste du monde. La force du Mage du Kremlin est d’utiliser l’actualité pour déclamer sa morale intemporelle. Ce n’est pas le plus réjouissant, mais c’est crucial de le comprendre.
Après 47 Meters Down et sa suite 47 Meters Down : Uncaged, qui mettaient en scène des requins, le réalisateur Johannes Roberts prouve qu’il s’y connaît en animaux tueurs avec Primate. Ça tombe bien, le cinéma d’horreur en est friand.
Sans en faire un dossier, Jasmin Gordon met sur la touche les préjugés, bouscule les impératifs sociaux, comme la normalité, la moralité, la responsabilité parentale, en leur opposant ce portrait alternatif de mère imparfaite, marginale, dévouée, aimante.
Historiquement éclairant, limpide sur les enjeux politiques, Palestine 36 peine sur le plan cinématographique. Si les images sont soignées, le scénario est haché, la narration dispersée, les scènes illustratives, les dialogues souvent redondants, insistant lourdement sur ce que l’on voit.
Basculant du côté de Simenon, Jean-Paul Salomé met en scène la traque du faussaire par un commissaire, meilleur flic de France, qu’interprète l’incontournable Bastien Bouillon, très teigneux dans ce rôle, et ambigu aussi.
La clé du film est le Dr Kelson, incarné par un excellent Ralph Fiennes, au cœur d’une jubilatoire séquence finale mettant en valeur l’impressionnant ossuaire déjà présent dans le premier 28 ans plus tard. Avec comme morale que pour revenir à l’équilibre, le chemin compte autant que la destination.
C’est dans son art du portrait intime qu’Abd al Malik saisit, trouvant avec Makita Samba un interprète remarquable et bouleversant d’un Furcy très digne. Une caméra attentive tourne autour de cet homme de courage, tout en droiture et force, debout face à un esclavagisme abominable et inhumain.
Filmée souvent en très gros plans, l’actrice est comme dévorée par le feu intérieur de "la Duse". Si tout cela déborde de mélo, au risque du surjeu, c’est la manifestation d’une consomption, qui si elle est parfois tragicomique, n’est jamais ridicule ou pathétique.
Le scénario, coécrit à plusieurs mains (notamment avec l’écrivain Henri Loevenbruck, figure du thriller français), avance avec une grande clarté. Son écriture au cordeau donne au film une grande qualité dramatique : une narration tendue, elliptique, sans scènes illustratives ou explicatives. C’est très efficace.
La perspective de ce récit est stimulante, tout comme l’est sa magnifique mise en scène, servie par les subtilité et sensibilité impressionnantes des interprètes, la beauté de la photographie de Fabien Gamper, des costumes de Sabrina Krämer, des décors de Cosima Wellenzer, tandis que le montage d’Evelyn Rack sert le beau travail sur la temporalité.
À crimes de masse, cinéma massif. Ao Shen reconstitue en superproduction, d’une ampleur tape-à-l’œil, le moment le plus sombre du conflit sino-japonais d’avant la Seconde Guerre mondiale.
Le triptyque passe d’un humour serré (Father), à un sentiment doux-amer (Mother), puis à une mélancolie nonchalante (Sister Brother). On est pris d’abord, charmé même, mais au fur et à mesure gagne l’ennui.
Ma Frère est comme un film frère des Pires. Un teen-movie pareillement revigorant, faisant circuler entre les personnages une vitalité joyeuse et contagieuse, les mômes en vacances comme les adultes autour d’eux.