Ce n’est pas juste un décor naturel : comme Bergman, Mia Hansen-Løve fait entrer dans les pierres l es états émotionnels intérieurs de ses personnages, leur immense et tragique solitude.
Avec le temps, il faut aller toujours plus loin, plus fort, plus haut. Même dans l’espace. Fast & Furious 9 dépote jusque dans le ciel, vers l’infini et l’au-delà, avec du Star Wars sous le capot, entre parodie assumée et folie mégalo. Une course à sensations folles et démesurées.
Tahar Rahim incarne Mohamedou Ould Slahi dans ce film coup de poing, qui soulève le cœur, devant tant d’indignité dégueulasse, face aux sévices et mauvais traitements qui ont été infligés au Mauritanien : tortures par simulation de noyade, étourdissement par la musique à plein volume, privation de sommeil, humiliations…
Cette concordance est d’autant plus étonnante que Leos Carax ne renonce pas pour autant à sa signature personnelle avec ce film presque entièrement chanté.
Show vitaminé, phénomène sur la scène de Broadway, à New York, la comédie musicale In The Heights de Lin-Manuel Miranda, saluée de quatre Tony Awards, se métamorphose en film survitaminé qui recompose le même éloge altruiste et sentimental.
Cheveux long, allure de vétéran du rock paraissant revenu de toutes les guerres, Paul Raci, acteur né de parents sourds , est incroyable dans le rôle de Joe, consolateur charismatique, dur et stoïque, au désespoir tranquille.
Krasinski ne s’installe pas dans le confort de l’original du premier film et déplace le centre de gravité de son scénario. Si les aliens menacent toujours au moindre bruit, le danger vient également d’ailleurs. Les humains aussi sont de dangereuses créatures.
Vincent Macaigne quitte le registre de la fantaisie décalée des personnages lunaires dans lesquels la comédie d’auteur l’a souvent enfermé, pour exploiter un registre plus grave, plus dramatique, plus tragique même.
Là où l’on voit la créativité du cinéma d’épouvante, c’est dans sa capacité à inventer des menaces neuves. Just Philippot crée une menace en intriquant à la fois la précarité et une nouvelle consommation, les insectes séchés.
La jeune Suzanne Lindon, qui fait ses débuts de metteure en scène, est à l’image de son récit d’apprentissage : il y a chez elle un plaisir et une joie de jouer. Et une belle promesse.
Ce huitième opus de la franchise (les séries Conjuring et Annabelle) tirée de l’histoire des Warren, ne ménage pas ses gros effets horrifiques, ses rebondissements, sans vraiment faire peur – il y est question de possession, et non de maison hantée.
Ces humbles sont des laissés-pour-compte, ils mènent une vie simple et rude, que Brian poétise, lui qui se dit lucidement « le dernier enfant libre d’Amérique ».
Jouant l’envahissement psychotique dans l’extrême avidité de son regard, prélude à l’homicide, Pierre Deladonchamps, à la fois comme innocent et monstrueux, est formidable dans le registre de l’inquiétante et dangereuse étrangeté.