Il se dégage de ce récit sincère de vies fauchées mais jamais résignées, d’un amour fou qui tient debout quand tout menace de s’effondrer, de bonnes ondes. Craig Brewer lui donne une tonalité de ballade douce-amère sur la puissance des sentiments et la joie obstinée de chanter ensemble.
Fait sans fortune, avec un tout petit budget, "Vade Retro", avec son grand n’importe quoi assumé et maîtrisé, croque à pleines dents la fantaisie. Son côté abracadabrant est irrésistible pour peu qu’on se laisse mordre.
Oscillant avec plus ou moins de succès entre comédie parodique sur la justice et film de mœurs familiales, La pire mère au monde réussit à trouver son équilibre grâce à son duo de comédiennes, Louise Bourgoin et Muriel Robin.
Une chronique villageoise fantastique, au cœur d’un hiver glaçant, au tournant du XXe siècle dans les Alpes. Où le naturalisme s’imprègne d’une inquiétante étrangeté.
Là où le cinéma du divorce se nourrit souvent de la dramaturgie du conflit et du désamour, L’Amour qu’il nous reste opte pour une séparation presque apaisée, réconciliée.
À travers cette filiation, la forêt devient un espace de récit à part entière, dépositaire d’un temps long auquel l’homme tente de s’accorder. Comment habiter le monde sans le contraindre, comment trouver sa place dans un écosystème qui nous précède et nous survivra ? Le film suggère une posture — celle de l’écoute, du retrait, et de ce chuchotis humble par lequel l’homme accepte enfin de ne pas être le centre du monde.
Ce rythme, surligné par une musique par ailleurs inutilement omniprésente, déplace la reconstruction vers une forme méditative un peu figée. Il donne le sentiment que l’histoire fait du surplace, impression augmentée par le rôle taiseux de Josh O’Connor, tout en intériorité, et sentimentalité, avec peu de texte à jouer.
Même s’il s’achève par un happy end prévisible de résolution des conflits, avec au passage quelques facilités sur le rejet de la différence qu’incarnent des villageois en colère qui veulent détruire le château où s’invente le monde des monstres, le film de Steve Hudson et Toby Genkel est un aimable film doudou.
Malgré l’introduction de ce nouveau peuple de cendres, Avatar 3 peine à générer une véritable dynamique narrative. James Cameron assume d’ailleurs pleinement la continuité, affirmant qu’Avatar : La Voie de l’eau et ce troisième volet forment un « bloc indissociable ». De fait, rien ne surprend réellement. (...) C’est par la démesure que le film s’impose.
Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés
Titre original Wake Up Dead Man: A Knives Out Mystery
Il faut s’accrocher pour bien comprendre le film. Mais le jeu en vaut la chandelle, d’autant que la distribution est, comme dans les précédents épisodes, de haute volée.
Une chronique patiente comme un récit d’apprentissage : on voit Manon petite, déjà têtue, déjà lumineuse ; Manon ado, rageuse et gracieuse ; Manon mère, ventre rond du deuxième enfant.
Devrim Lingnau donne à sa Maria Reiche une présence à la fois humble et brûlante. Comme si elle communiait avec l’expérience intérieure de l’archéologue, elle paraît habitée dans sa quête face au mystère de Nazca, comme le serait une mystique croyant en quelque chose de supérieur.
Burlesque et intrépide comme un nouveau Jacques Tati, le personnage joué par Samir Guesmi marche à travers villes et à travers champs, sorte de Don Quichotte pédestre, qui aurait renoncé au cheval mais pas aux idéaux.