Si Jérôme Bonnell s’attache à montrer sans équivoque et dans une forme de classicisme vertueux, comment les codes sociaux légitiment la domination masculine, son observation des mœurs glisse vers une solidarité nuancée : la sororité.
Sans révérence pour son modèle, le film balance du métal en bande-son et transforme Noomi Rapace en Teresa à l’intensité glaçante, sorte de nonne punk.
Car la chronique estivale de la bande de filles et de garçons, toujours à Sète, à l’été 1994, est lumineuse, légère, et même drôle - le film tire vers la comédie meurtrière croquignolesque et burlesque.
Si, de prime abord, The Shadow’s Edge a tous les atouts d’un polar hongkongais classique, il est très tentant d’y voir un commentaire sur l’état du cinéma d’action de ce pays.
Il y a quelques longueurs, des choix dramaturgiques dispensables qui pour soutenir l’exemplarité de cette mère de substitution en rajoutent plus que nécessaire - en couple auparavant, elle s’est séparée parce que justement elle ne voulait pas d’enfants, et d’ailleurs, son ex en attend un. Mais Camille Cottin porte avec force son joli rôle débordant de tendresse (...).
Sur cette ligne, la tragicomédie cruelle Parasite de Bong Joon-ho avait tapé plus haut, plus fort, dans le huis clos angoissant d’une autre maison des horreurs.
Eleanor The Great, lové dans un sentimentalisme confortable, a pour lui une sincérité attachante. Porté par une June Squibb, éclatante, admirable. Le film de Scarlett Johansson est un méli-mélo intergénérationnel de chagrin, de guérison et de rire. C’est un récit simple, sans la moindre prétention, dédié à l’amitié, au deuil, à l’amour et surtout, à la mémoire.
Au sortir de ce film dans lequel on a partagé les doutes, les rires, les disputes minuscules et l’amour des héroïnes, on a le cœur un peu plus large, avec l’envie farouche de dire à ceux qu’on aime qu’on les aime – et tant pis si la loi demande des preuves, on en a des milliers qui ne tiennent pas dans un dossier.
Ce qui frappe, c’est à quel point cette Amérique de Running Man est réaliste, et nous regarde aussi. C’est l’observation aiguë, de la relation toxique entre désespoir des classes populaires et addiction collective au spectacle de la violence.
Un premier film sec et choc, d’une intégrité rare, qui prouve que la plus grande intensité dramatique naît parfois d’un visage qui parle et d’un autre qui écoute, l’exposé de la violence de l’inceste par les adultes qui en témoignent.