Une suite plus longue, plus posée… mais moins percutante
Bref, c’était un vrai phénomène. Un style court, direct, nerveux, générationnel. Avec cette saison 2, le format change complètement : on passe de micro-épisodes de 2 minutes à des épisodes longs, beaucoup plus posés, presque classiques dans leur construction. Et forcément, ça casse un peu la magie de départ.
On retrouve la plume de Kyan Khojandi, l’humour, les galères, le ton à la fois drôle et mélancolique. Le regard sur la vie reste très juste, on reconnaît les réflexes d’écriture, les phrases qui claquent, les petits silences qui disent beaucoup. Mais le rythme n’est plus le même. Et dans une série qui reposait justement sur sa vitesse et son intensité, ça se sent.
Les épisodes prennent plus le temps, veulent aller plus loin dans les émotions, mais tout devient un peu plus lisse, un peu plus attendu. La série perd un peu de ce côté ultra-ciselé, spontané, qui faisait que chaque scène marquait. Là, ça flotte parfois, même si le fond reste sincère.
Ce n’est pas raté du tout : le propos est là, les thèmes sont bien choisis, certains passages touchent vraiment. Mais c’est juste moins marquant, moins “punchline”, moins urgent. Et pour une série née sur l’instant et l’efficacité, ce ralentissement change beaucoup l’expérience.
Bref. Saison 2 reste une proposition intéressante, fidèle à ce que la série veut raconter, mais le changement de format la rend forcément moins percutante. Une suite honnête, mais qui aurait peut-être mérité d’exister autrement.