Disney+ a gracieusement offert au monde francophone le premier épisode de cette seconde saison de bref., sur Youtube. Le juteux morceau ainsi jeté en pâture aux bingewatcheurs affamés que nous sommes, n’a pas tardé à être dévoré par près de 4 millions de viewers sur la plateforme au logo rouge et blanc. Hameçonnage garanti. Je fais partie de ceux qui ont souscrit à Disney+, simplement pour assouvir mon besoin de voir les 5 autres épisodes composant la suite des aventures de Je, treize ans plus tard. Comme je l’ai rappelé dans mon précédent billet, je venais étonnement de revisionner l’intégralité de la première saison, en novembre 2024, puis d’en rédiger un copieux avis et dossier, sans savoir que trois mois plus tard, une suite nous serait servie. Je vous invite au passage à parcourir cet article afin de glaner des anecdotes et informations supplémentaires sur cette incroyable production et l’univers qui l’entoure.
J’ai donc regardé le premier épisode sur Youtube et je dois avouer qu’il m’a un tout petit peu déçue. J’ai trouvé qu’il sonnait faux, improbable. La relation avec cette nouvelle petite amie, les scènes intimes, les dialogues et situations… Je n’y ai pas cru. Certains des mécanismes empruntés à la saison 1 m’ont d’abord laissée penser que Kyan et Navo avaient manqué d’idées, et simplement recyclé. Ou peut-être me suis-je dit qu’après dix ans, tout devait être parfait, aucune erreur ni faiblesse permise. Et puis… j’ai vu l’épisode 2, puis 3, puis 4, puis 5, puis 6. D’une traite. Et j’en ai savouré chaque seconde. La créativité est toujours bien présente, même débordante. Mais par dessus tout, les auteurs parviennent à nous transporter dans le cerveau aussi torturé que prolifique de ce quadragénaire nevrosé, nostalgique et rêveur. « Je » devient vraiment Je/nous.
J’ai pleuré, réfléchi, ri, admiré, compati, comparé et j’ai été inspirée. Regarder bref saison une ou deux, en tant que millénial, c’est exceptionnel. On se sent en connexion avec cette génération d’enfants dans le corps d’adultes, dépassés par une société dans laquelle on ne reconnaît plus rien. On se réfugie donc dans nos souvenirs, nos références, nos codes d’ados et l’on tente de trouver un sens à tout cela. Bref. 2, c’est un rappel, un cri de meute : « Tu n’es pas seul(e), on est tous des merdes, t’inquiètes ». Je ne sais pas comment la série est perçue par les moins de trente ans par exemple, mais je suis convaincue qu’elle a résonné très fort dans le cœur et le corps de la génération 90.
Je ne vais en aucun cas spoiler, et vous inviter à visionner les six épisodes afin de vous forger votre propre opinion. Je pense que la série impacte différemment en fonction de nos parcours individuels. Mais en résumé, si comme moi le premier épisode vous a un peu déçu, regardez les autres, vous ne le regretterez pas. C’est poétique, romantique, nostalgique, bourré d’idées, d’hommages, de clins d’œil, de références, de mini-films. J’ai en tête l’académie des tontons, l’envers de la photo, le revival des booms, l’épisode film de guerre futuristique, le regard d’enfant sur l’homme qu’est notre père, la métaphore des relations/voitures, ce mec qui spoile en continu, et toujours ces produits 3000. On en ressort comme à la fin d’un film d’action ou d’une rom-com des années 2000, avec l’envie de conquérir le monde, de renouer avec ses rêves, de fermer la porte à nos démons et de se réconcilier avant qu’il ne soit trop tard avec ceux à qui l’on n’a pas tout dit. Les moments nostalgiques sont les plus forts. Je suis impressionnée par les digressions et souvenirs portés à l’écran, par le talent des auteurs, acteurs et monteurs. Vraiment incroyable ce que la série a généré en moi. Bref(2), À VOIR. Une possible saison 3 verra le jour, mais les scénaristes vont d’abord se reposer un peu (pendant dix ans hehe).