1. Une gâchette. Tout le monde visualise sans problème cette pièce solidaire de la détente qui commande le départ du coup, dans une arme à feu (située à l'intérieur de cette dernière, la gâchette n'est pas visible extérieurement).
2. Il existe aussi les "triggers points" (autrement dit les "points gâchettes") qui désignent ni plus ni moins les points de douleurs, les contractions et les nœuds se formant au sein des fibres musculaires et, même lorsque le corps est au repos, ces nœuds peuvent causer des souffrances au corps humain.
Quand on examine ces deux définitions, on se dit que la symbolique colle parfaitement à cette mini-série sud-coréenne.
Effectivement, il y a de l'action -un titre pareil ne pourrait pas présager autre chose à première vue. Mais c'est loin d'être aussi simple. Très, très loin, même!
En suivant le parcours de chaque personnage, on nous fait prendre conscience de ce qu'ils subissent jour après jour, les brimades, le manque de respect, la méchanceté, les critiques, les comportements abusifs (la liste est longue). Jusqu'à ce que tous ces éléments deviennent déclencheurs, faisant basculer chaque victime (parce que c'est ce qu'elles sont) vers le point de non-retour.
Soyons honnêtes! C'est arrivé à chacun d'entre nous -ne nous voilons pas la face- ce moment où, à bout de nerfs, on a envie de tout envoyer valser une bonne fois pour toutes.
"Sur la gâchette" va là où d'autres séries sud-coréennes ne sont pas encore allées, se faisant critique lucide sur la société, étant beaucoup plus politique qu'il n'y paraît et dénonçant des sujets tabous (comme le suicide -car n'oublions pas que la Corée en détient un taux tristement élevé, pour des raisons qui se passent de développement évidents).
Le réalisateur Oh-Seung Kwon signe ici un coup de maître, avec un casting exceptionnel (un des personnages, par ailleurs, pourrait se résumer à des "Ouh lalalalalala et quantité de ! ).
Qu'ont le veuille ou non, cette mini-série est un coup de cœur et au cœur, ne faisant pas la part belle à l'Occident (pour une fois) et nous interroge:
"La violence est-elle l'ultime solution?".