Adaptant le roman japonais "Naomi and Kanako" de Hideo Okuda, la réalisatrice sud-coréenne Lee Jeong-rim sait appuyer là où c'est le plus douloureux, tant physiquement que moralement.
Traitant -sur le fond- des violences au sein de la famille, cette série examine les différents aspects psychologiques, les incertitudes du point de vue éthique et les impulsions bien souvent irraisonnées qui déterminent les humains dans leurs comportements et leurs actes.
Pourquoi en venir à commettre l'irréparable?
Pourquoi détruire à coup de haine et sans raisons visibles?
"Tu étais là" soulève mille et une questions et interpelle sur un sujet qui revient assez souvent et parfois de manière détournée dans les réalisations sud-coréennes, à savoir les violences conjugales.
Ici, c'est le thème central, tout en finesse et avec une mise en scène totalement maîtrisée, l'équipe d'actrices et d'acteurs interprètent avec maestria des rôles forts, du bon comme du mauvais côté, en véhiculant des émotions d'une intensité rare.
Jouant sur la lumière, les ombres, les contrastes, la caméra de Lee Jeong-rim sait sublimer autant les silences que les bruits, les maltraitances et l'empathie, la haine et l'amour.
Ici, contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'action de tuer volontairement n'est ni légitimiser ni honorer. Loin de là! Tout, dans cette réalisation, dénonce non seulement les actes condamnables que subissent les femmes au sein de leurs couples, mais aussi la société et la Justice qui ferment les yeux, se dédouanant ains de toute responsabilité (un échec et un constat tristement actuels).
"Tu étais là" agit tel un uppercut bien placé -où l'on se demande si notre souffle s'est définitivement fait la malle- mais aussi tel un poing levé, de celui qui illustre la reprise en main de notre existence.