Série très décevante. Les deux premiers épisodes laissaient entrevoir quelque chose de possible, à défaut d’être original. Mais très vite, le récit s’enlise : incohérences scénaristiques, enchaînements absurdes, situations forcées et tout finit par saper ce qui aurait pu tenir debout.
La mise en scène, prétendument austère, confond lourdeur et profondeur. Il n’y a ni tension réelle, ni progression dramatique, seulement une accumulation de scènes pesantes, répétitives, souvent maladroites, qui ne produisent aucune émotion. Le malaise est plaqué, jamais travaillé.
Côté interprétation, quelques acteurs sauvent ponctuellement l’ensemble, mais cela ne suffit pas. Le personnage d’Ève, la mère, est particulièrement problématique : jeu artificiel, émotions fausses, absence totale de crédibilité. À aucun moment on n’y croit, ce qui est rédhibitoire dans une série qui repose presque entièrement sur la psychologie.
Quant au choix des décors, le tournage au Pays basque est une idée discutable — et surtout ça se voit. Malgré tous les efforts de neutralisation visuelle, les paysages, les lumières, les volumes trahissent constamment le lieu. Cette dissonance affaiblit encore l’immersion et donne à l’ensemble un aspect factice, comme si la série n’assumait jamais son cadre.
Au final, Girl Taken se contente de mimer la gravité sans jamais l’atteindre. C’est sombre, oui, mais creux. Difficile, mais vain. Une série qui croit que montrer l’horreur suffit à faire œuvre — alors qu’elle oublie l’essentiel : écrire, incarner, penser