Ethernel est une série troublante, qui s’installe lentement et ne vous lâche plus. Dans un futur proche, les vivants peuvent parler aux morts ; forcément, tout change : les enquêtes policières, les histoires d’amour, la manière d’habiter la douleur. Derrière cette idée vertigineuse, les scénaristes nous invitent à mesurer la fragilité des souvenirs, à sonder ce qui demeure au‑delà de l’absence.
Les intrigues semblent se rejoindre, sans jamais vraiment y parvenir. Chaque personnage suit sa propre voie. Une métaphore de la condition humaine : ensemble, et pourtant seuls.
Bruxelles y apparaît comme une ville intemporelle, et le quartier de la Gare du Nord en devient presque beau. Le cadrage est souvent décalé, comme si la caméra cherchait moins l’action que l’émotion inscrite sur un visage. L”image tantôt bleutée et froide tantôt ocre est magnifique.
Il y a ce policier, étrangement loquace avec les morts, et si peu avec les vivants qui l’entourent. Ce grand‑père qui court, littéralement, après le temps qu’il lui reste. Et puis, il y a les femmes. La sœur un peu perdue, qui retrouve un sens à sa vie dans une rencontre inattendue. L’agente italienne, dure en apparence, mais traversée de vulnérabilité. Cette petite fille, réfléchie et attachante, qui choisit de croire en son père, malgré tout. Les acteurs sont tous d’une grande justesse. Y compris ceux que l'on ne voit pas et dont la voix nous parvient par les bornes.
Une série sensible, mélancolique et profondément humaine, à découvrir pour l’instant sur Auvio.