Ethernel est une série troublante, qui s’installe lentement et ne vous lâche plus. Dans un futur proche, les vivants peuvent parler aux morts ; forcément, tout change : les enquêtes policières, les histoires d’amour, la manière d’habiter la douleur. Derrière cette idée vertigineuse, les scénaristes nous invitent à mesurer la fragilité des souvenirs, à sonder ce qui demeure au‑delà de l’absence.
Les intrigues semblent se rejoindre, sans jamais vraiment y parvenir. Chaque personnage suit sa propre voie. Une métaphore de la condition humaine : ensemble, et pourtant seuls.
Bruxelles y apparaît comme une ville intemporelle, et le quartier de la Gare du Nord en devient presque beau. Le cadrage est souvent décalé, comme si la caméra cherchait moins l’action que l’émotion inscrite sur un visage. L”image tantôt bleutée et froide tantôt ocre est magnifique.
Il y a ce policier, étrangement loquace avec les morts, et si peu avec les vivants qui l’entourent. Ce grand‑père qui court, littéralement, après le temps qu’il lui reste. Et puis, il y a les femmes. La sœur un peu perdue, qui retrouve un sens à sa vie dans une rencontre inattendue. L’agente italienne, dure en apparence, mais traversée de vulnérabilité. Cette petite fille, réfléchie et attachante, qui choisit de croire en son père, malgré tout. Les acteurs sont tous d’une grande justesse. Y compris ceux que l'on ne voit pas et dont la voix nous parvient par les bornes.
Une série sensible, mélancolique et profondément humaine, à découvrir pour l’instant sur Auvio.
Très agréablement surprise par cette série. Même si le début est lent, on se laisse prendre par le thème très original qui force au questionnement. Et moi ? Est ce que j'aimerais ?, Que ferais je ? On a adoré !
Le sujet original et passionnant MAIS , à nouveau, comme dans les autres séries belges La Trève, Ennemi Public, Pandore, Zone Blanche, cette lourdeur, ce côté torturé perpétuellement du personnage principal qui porte un fardeau personnel sur le dos, en plus de son enquête ;lourdeur des décors et de la lumière, quand tout est dans les tons verts , bleus foncés comme les séries nordiques ont lancé la mode ; les lieux défoncés, les villes vues au drone. Lourdeur et lenteur. Des secondes entre la réaction d'un personnage face à un autre (le maximum est , je crois, le début de l'interrogatoire de l'envoyée du Vatican, dans le surjoué complet de l'inspectrice) . Et les gros plans, encore les gros plans, callés souvent à droite dans l'image, très serrés. Un petit inattendu (le contenu de la boîte de métal, pour ne pas dévoiler), un attendu, le contenu de la boîte antique Etouffante, la musique d'accompagnement et attendue, elle aussi pour certaines situations .Non, pas aimé du tout. Regardé dans l'espoir d'autre chose, mais ... non.
Quelle tristesse de devoir ainsi noter une série belge qui pique son contenu dans ce qui a déjà été vu dans d'autres films ou série de fiction, pour en faire un amalgame incohérent (dans le sens pas exploité, pas réalisé jusqu'au bout). L'idée de base est ok, mais le but est hélas franchement risible par son traitement, même si il peut rencontrer pas mal d'adeptes. On est gênés (à leur place) par moments du jeu des acteurs belges, de leurs apparences tirée de mauvais comics qui frôlent le ridicule. L'excellent Michaël Abiteboul sauve le jeu mais cela ne suffit pas. Et si on veut comparer, la haute voltige d'"Ennemi public" (une référence, une Innovation, copiée dans ses prises de vue, son ambiance,...) de "La trêve", de "Pandore", de "Duelles", qui tirent le cinéma de série et de film belges à un niveau totalement novateur, on retombe sans parachute, comme avec "Des gens bien", même sentiment d'être pris pour des spectateur débiles.