La toute première production Netflix, une série délicieuse.
Au début, en regardant les trois premiers épisodes, j'ai trouvé que ça traînait un peu la patte. Mais comme dans toute série, il faut le temps de présenter les personnages et de poser le contexte.
On a sous les yeux une blondinette charmante, dont l'existence paraît comme celle de tout un chacun. Pourtant on a de loin affaire à une petite fille sage, confortablement installée dans son ménage et prête à marier. Piper Chapman (Taylor Schilling) s'est en effet laissée entrainer dans un trafic de drogue, sûrement sans avoir conscience des risques qu'elle encourait. Elle a suivi par amour, Alex Vause (Laura Prepon), une héroïnomane un peu paumée et à l'allure glaciale, un brin gothique.
Reconvertie en hétéro (elle le dit elle-même "I'm not a lesbian anymore"), Chapman tente de repartir du bon pied en se casant avec Larry Bloom (Jason Biggs, allias le looser d'American Pie). Mais la sentence tombe, et Piper doit payer de ses erreurs : elle est condamnée à un an d'incarcération dans une prison pour femmes.
On comprend très vite que Piper Chapman est une femme forte, même si maladroite et "innocente". Perdue dans cet univers de brutes, elle se questionne, essaie de s'intégrer mais elle se perd et se fait lyncher. Très différente des autres incarcérées, elle séduit malgré elle le terrible inspecteur Halye, chef ingrat et homophobe qui l'épuisera au chantage. D'ailleurs, cette série en totale décalage avec la réalité (le réalisme n'étant pas l'intention d'auteur, on s'en aperçoit vite), met en scène des prisonnières pour la plupart lesbiennes, surveillées uniquement par des hommes (non, définitivement pas réaliste). La crudité des propos est au menu et les policiers sont d'une autorité infâme. Malgré tout, Piper parvient à trouver sa place et à s'imposer aux milieux des vipères, des toxicos, des tarées et les situations sont de plus en plus drôles lorsqu'on avance en épisodes. Taylor Schilling, l'actrice principale, est parfaite, mais il faut également saluer les prestations de certains rôles secondaires, qui nous permettent de détendre l'atmosphère austère des prisons.
Orange is the new black est à déguster de toute urgence !