ORANGE IS THE NEW BLACK. OITNB pour les intimes, est une série impactante offrant un regard cru sur l’univers carcéral féminin.
On démarre les premiers épisodes en pensant voir une comédie, leurrés par l'apparition au casting de Jason Biggs, interprétant Larry, le petit ami de Piper. On se souvient de lui pour son rôle loufoque dans American Pie. Le personnage de Piper, interprété par Taylor Schilling, semble tout aussi nunuche. Puis rapidement, une fois passés de l'autre côté des barreaux, la réalité et le côté dramatique prennent le dessus. On rit moins et l'on se demande comment on se serait intégré à la place de la jeune femme. La façon dont les épisodes sont filmés donne un effet de proximité, presque documentaire, renforcé par des scènes et dialogues percutants.
ORANGE IS THE NEW BLACK brille surtout par la richesse de ses personnages et la profondeur de ses thématiques. Adaptée du livre autobiographique de Piper Kerman, la série dépasse rapidement le point de vue de son héroïne initiale, Piper Chapman, pour explorer la vie de nombreuses détenues aux parcours variés. Ce choix narratif permet de dresser un portrait nuancé de la prison, où chaque détenue a ses failles, ses espoirs et ses traumatismes. Les flashbacks nous permettent d'en apprendre davantage sur le passé de ces femmes dont l'histoire devient tout aussi importante que celle de Piper. OITNB est le récit de ces destins qui, un jour, ont basculé. On s'intéresse également au parcours de ceux qui travaillent au sein et en dehors de la prison.
La série aborde des sujets sensibles, toutefois traités avec désinvolture, ce qui permet de les observer avec plus de légèreté : racisme, corruption, violences, abus de pouvoir, et même les conséquences du capitalisme sur le système carcéral privé.
Un moment marquant est l’arc narratif de Poussey Washington (Samira Wiley), qui met en lumière l’impunité des violences policières avec une scène choc inspirée de faits réels. Bien qu'ici, le coupable ne soit pas le vrai vilain. C'est d'ailleurs en cela que la série est intéressante.
À première vue, il y a les criminelles et puis les gardes. Les gentils versus les méchants. Puis, on se rend vite compte que les méchants ne sont pas nécessairement ceux que l'habit prédit, loin de là. Et inversement.
OITNB excelle dans sa capacité à mêler humour et drame. Les dialogues sont souvent tranchants et ironiques, contrastant avec la dureté du quotidien carcéral. Les actrices jouent très bien et l'évolution des personnages est assez fascinante, même en dehors de la prison, car n'oublions pas que les proches sont indirectement punis par l'absence physique des prisonnières.
C'est comique de voir Piper avoir son "I am the danger" moment lorsqu'elle se pense être la boss de la prison.
Tous les profils sont intéressants et, bien que dans la vraie histoire, Alex et Piper n'aient pas purgé leur peine dans la même prison, je trouve que cette addition était nécessaire pour maintenir l'intrigue principale active.
Le générique, porté par la chanson You’ve Got Time de Regina Spektor, est emblématique. Il met en avant des visages de véritables ex-détenues, ancrant la série dans une réalité sociale forte. Le dernier épisode a été diffusé en 2019, mais l'engouement est toujours présent. Je m'en suis aperçue en postant une vidéo musicale issue du show, interprétée par quelques actrices. Mon petit compte TikTok a alors suscité l'intérêt d'énormément de fans de la série, laissant des commentaires nostalgiques mais toujours vivides.
Avec ses sept saisons, ORANGE IS THE NEW BLACK a su évoluer et surprendre, offrant une conclusion poignante et engagée. Son impact culturel est indéniable, notamment sur la représentation des minorités et des questions de genre et de sexualité à l’écran. Une série à voir absolument, ne serait-ce que pour son audace et sa sincérité. Ainsi, cette série est toujours au goût du jour et je vous recommande de la visionner dans son intégralité.