La première saison était un chef-d'œuvre, la seconde correcte mais fort décevante, pourtant je croyais dur comme fer à ce « numéro trois » de « Fargo », notamment par la force de son sujet, laissant espérer un renouvellement presque total. Au final, j'avoue y avoir trouvé mon compte. Plusieurs raisons à cela : d'abord, on y ressent constamment l'ADN de l'histoire originelle : un plan médiocre qui aurait dû s'arrêter dès son exécution se transforme en véritable massacre à force de hasard, malchance et malveillance, emportant avec lui nombre de protagonistes, dont certains à la base très éloignés de ce point de départ. Ce qui est drôle, c'est que cela pourrait presque se terminer dès la fin du premier épisode, une fois le
« coupable » tué (et de quelle manière!)
. Il y a même un réel plaisir à voir comment cette intrigue relativement imprévisible va évoluer, parfois légèrement confuse mais parvenant presque toujours à se renouveler, si ce n'est une fin de saison un tout petit peu laborieuse (conclusion exceptée). Il y a toujours ces audaces, à l'image de la
mort du « co-héros » dès le milieu de saison
, ces apartés presque
« science-fictionnels »
, tel ce « hors-série » et très chouette épisode trois, cette idée de jumeaux tous deux interprétés par Ewan McGregor amenant une vraie part de nouveauté dans l'univers. Le principal plaisir vient toutefois sans doute des personnages et ses interprètes : Carrie Coon est épatante en flic aussi posée que perspicace, Mary Elizabeth Winstead en « femme fatale moderne » irrésistible, sans oublier quelques seconds rôles : Olivia Sandoval, aussi bavarde qu'attachante, ou Ray Wise, dans un curieux rôle de « destin » beaucoup moins anecdotique qu'au premier abord. Mais celui qui marque totalement les esprits au point de devenir l'incarnation totale de cette saison, c'est David Thewlis. Non seulement ce méchant entre directement au Panthéon des plus mémorables « bad guys » de l'Histoire de la télé (sans doute pas au niveau de Billy Bob Thornton et son Lorne Malvo, mais pas si loin!), mais est véritablement l'âme de cette nouvelle anthologie, lui apportant une folie, une étrangeté nous venant régulièrement à nous demander si tout ceci
ne se passe pas dans la tête
de ce « cher » Emmit Stussy et son fidèle Sy... Quoiqu'il en soit, un modèle du genre, interprété donc par un Thewlis exceptionnel, où chaque geste, intonation semble avoir été savamment réfléchi. Et donc cette grande satisfaction de terminer sur un ultime épisode à la hauteur
sanglant mais pas trop (bien que très meurtrier!), cette fin ouverte
étant probablement la meilleure des conclusions... Bref, si j'avais été (légèrement) refroidi par le volet précédent, me voilà redevenu totalement fan de « Fargo » qui, sans atteindre le génie de ces incroyables débuts, conserve son statut d'incontournable de la décennie 2010... et d'incontournable tout court.