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BURIDAN
25 abonnés
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Critique de la série
2,0
Publiée le 5 janvier 2019
Bien fichue (jeu des actrices/acteurs, prise de vue, montage, réalisation) cette série très british, souffre lourdement de son scénario... et même de sa musique! On veut nous faire croire ici que princes, ducs et autres richissimes (SM, évidemment le richissme, c'est un roturier!) auraient été à l'origine du succès du jazz en Grande Bretagne...En 1932-33 s'il vous plait! Les médias et les manants n'y auraient rien compris tant que la lumineuse lumière de "ses" majestés de sang royal n'auraient pas éclairés les esprits roturiers! Ce propos ridicule qui est d'ailleurs un non-sens historique (existe t'il un seul orchestre britain en 1930 capable de rivaliser avec les Flechter Henderson, Duke Ellington ou Count Basie ?) se veut une critique de la société anglaise à cette époque. Convenue et ridicule, certes elle l'était cette société toute baignée par la rigidité de classe victorienne... Donc des règles édictées par cette aristocratie ici louangée... On sent que le réalisateur veut nous dire "seule l'aristocratie est capable de dépasser les préjugés raciaux et de classe..." Mon oeil! Le racisme institutionnel de la "perfide albion" de cette époque est un fait avéré et il est évident que les musiciens de jazz préféraient à cette époque venir en France où déjà cette musique étaient reconnue, défendue et enregistrée (Debussy n'en fit-il pas l'éloge dès le début du XXème siècle???). Déjà nos voisins, comme il est à la mode aujourd'hui dans toute l'Europe, expulsaient les immigrés clandestins... Et dès le premier épisode, si vous prêtez attention au caractère et aux revendications de l'"expulsé", vous percevrez directement le sens que veut donner le réalisateur à la série! Les nobles et riches sont les protecteurs de l'art... Les révoltés politiques en sont la nuisance! Pire, bien pire, les thèmes musicaux directement, et scandaleusement, pompés du Duke par le compositeur contemporain Adrian Johnston sans en avoir évidemment le génie, sacrifient de plus à la mode des "mignonnes" chanteuses que l'on qualifie actuellement "de jazz"... Lesquelles en sont à la fois éloignées par les minauderies et par l'absence totale de swing! Des chanteuses honnêtes certes, mais de variété! Point d'inventivité telles que celles d'Ellington, d'Henderson ou de Basie. Pauvre Ellington auxquels les quatre épisodes longuets font une souffrante référence pour l'amateur éclairé de la "great black music"... Sans parler de l'anachronisme musical.... Triste objet réactionnaire que cette série... Dommage les actrices et acteurs font preuve d'un grand talent dans cette galère. Les décors et les prises de vue sont souvent splendides...
Cette série est soignée sur plusieurs plans: la photographie fait largement appel aux éclairages "comme dans le temps" ce qui colle bien avec l'époque à laquelle se déroule l'action, les décors, les costumes, tout aussi "chiadés". Pas de caméra sur l'épaule mais de vrais plans de cinéma avec travellings et changements de prises de vue sans balayages intempestifs; donc du confort visuel, pas besoin de prendre une pilule contre le mal de mer. Un réel effort pour camper les personnages, bien interprétés par les acteurs et les actrices, en dépit des difficultés engendrées par les comportements conventionnels stéréotypés du milieu concerné à l'époque concernée, ce qui entraîne parfois une impression d'inconsistance. Impression d'artifice inévitablement renforcée par la post synchronisation qui ne colle pas assez aux personnages en dépit d'une interprétation - derrière micro - de qualité, notamment en ce qui concerne le ton très British. J'ai beaucoup aimé les passages jazzy et j'aurais souhaité que les longueurs, il y en a, se placent plutôt à ces moments-là. Sinon la réalisation manque de nervosité, l'action est lente et l'intrigue lente à arriver, on a l'impression de passer d'une longue introduction à un long épilogue sans avoir atteint la jubilation de l'action. Mais on peut admirer le décor et les costumes en attendant, et la musique, assez présente. Dommage qu'elle ne soit pas toujours jazzy. Donc une série qui ondule, comme un front météo, mollement, en hésitant entre le mélo pas toujours de bonne qualité, le suspense, trop discret, l'émotion qui nous vaut alors un bouger scientifique de caméra et un regard critique sur une époque, une certaine société, le meilleur du gâteau, selon moi. A regarder sans déplaisir et sans bouder son plaisir. Les bals et les douairières sont absolument savoureux.
Beaucoup trop dinvraisemblances pour que l'on puisse être totalement captivés par la série. Le comble de l'absurdité c'est quand même le final !! Que Louis, un homme intelligent et cultivé totalement innocenté du crime dont on l'accusait veuille quitter l'€urope, et Marseille en particulier, pour gagner l'Amérique de l'Apartheid où les noirs étaient persécutés et n'avaient aucun droit. C'est totalement aberrant et Stephen Poliakoff n'a manifestement aucune connaissance historique. La série s'adresse donc plutôt aux ingénus mais certainement pas aux pointilleux. Dommage !!
Écrite et réalisée par Stephen Poliakoff et diffusée sur la BBC Two en 2013, la série repose sur les deux excellents comédiens que sont Chiwetel Ejiofor et Matthew Goode, entourés de seconds rôles tout aussi bons dont Jacqueline Bisset et John Goodman. Toutes les chansons interprétées par le Louis Lester Band ont été écrites par le compositeur Adrian Johnston.
Dancing on the Edge est une série anglaise très sympathique au vu de ses deux premiers épisodes. À suivre..
J'ai bien aimé cette mini série britannique, relatant une histoire de musiciens noirs jouant chaque soir dans un hôtel de luxe, au début des années 30. L'époque est reconstituée avec grand soin, et l'ambiance , très trouble dans ces années, est retranscrite avec beaucoup de vérité, notamment ce racisme et les comportements qu'on aurait du mal à imaginer de nos jours, même si, naturellement, ce racisme n'a hélas pas disparu. Les acteurs sont excellents, et le meurtre dans l'hôtel nous tient en haleine jusqu'au bout. Beaucoup d'excellente musique de jazz de l'époque sert d'écrin à cette histoire. Décidémment, ces Anglais, et la BBC en particulier, sont très forts pour nous conter une histoire. J'ai revu par ailleurs avec grand plaisir l'actrice vue dans la série Netflix "The Paradise", Joanna Vanderham.
Très bonne série captivante, et qui rend très bien compte de l'atmosphère de l'époque, aux mœurs en pleine évolution. Le jeu des acteurs et l'intrigue sont savoureux. Cependant, la fin est décevante, elle m'a paru bâclée et peu vraisemblable. A recommander tout de même pour le plaisir des yeux et des oreilles.