"It's Thomas Shelby against the all bloody world, right ?"
Avec une réalisation pétaradante qu'on retrouvera plus tard sur son premier long métrage (un halluciné Robin des Bois, 2018), Otto Bathurst démarre sur les chapeaux de roues une fresque créée par Steven Knight, scénariste de cinéma (Les Promesses de l'Ombre, David Cronenberg, 2007) et showrunner télévisuel britannique à succès (Taboo), et célébrée par la critique et le public. Les autres réalisateurs (hélas uniquement des mecs) sont, Colm McCarthy (Sherlock et Ripper Street) qui dirige la deuxième saison intégralement et magistralement, Tim Mielants (The Terror), David Caffrey (The Gentlemen) et Tom Harper (Guerre et Paix), bref du beau monde derrière la caméra... à l'exception d'Anthony Byrne (à la manoeuvre également sur The Last Kingdom et Ripper Street), qui gâche inutilement en facéties visuelles un climat pourtant forgé pour le thème.
La musique, tantôt d'époque quand elle est diégétique, tantôt résolument moderne, propose une playliste incomparable, avec en point d'orgue le Red Right Hand de Nick Cave, parmi d'autres chansons du compositeur australien, générique percutant et repris par plusieurs artistes durant la série (PJ Harvey, Iggy Pop, Arctic Monkeys, Laura Marling, Patti Smith, etc.)
Malgré quelques ratés franchement grotesques (Sam Neill, Adrien Brody, James Frecheville), on saluera également une interprétation d'ensemble solide (Helen McCrory, Sophie Rundle, Ned Dennehy) voire exceptionnelle (Cillian Murphy, Tom Hardy, Paul Anderson dans la dernière saison, Ian Peck).
Au final, cette série sulte aurait pu s'arrêter à la troisième voire quatrième saison, figurant ainsi parmi les meilleures sagas de tous les temps. Hélas, les deux dernières saisons estampillées Netflix affadissent énormément le propos tout en gâchant la propreté visuelle des premières. Dommage.