Lorsque la série fut pour la première fois diffusée en France sur TF6 (2001), puis sur France 2 à partir de 2003, j’avais alors l’âge de Rory (Alexis Bledel), dans la série. Si je revoyais GILMORE GIRLS maintenant, je m’identifierais davantage au personnage de Lorelai (Lauren Graham). À moins de regarder le sequel, qui pour le coup résonne fortement avec mon propre parcours, et donc à nouveau avec celui de Rory. C’était donc évident que j’allais accrocher avec cette série que certains qualifieront peut-être de mièvre, mais qui était typiquement ce que toute adolescente avait envie de regarder au début des années 2000. Un show qui se concentrait sur nos relations avec nos parents, nos amis, l’école, et notre futur professionnel. J’étais totalement la cible puisque, comme Rory, je vivais avec ma mère, une femme au même tempérament foufou et ultra protecteur, au point d’étouffer sa progéniture. Comme Rory, j’ai manqué d’un père, et comme Rory, j’étais l’élève studieuse promise à un bel avenir. Fleur bleue, adorant ce type d’ambiance de village idyllique américain, célébrant à souhait Noël et Halloween, comment ne pas dévorer les sept saisons de GILMORE GIRLS ?
Gilmore est d’ailleurs le nom de famille de ces deux femmes au caractère bien trempé, à l’instar d’Emily, la mère de Lorelai. Les fans de Dirty Dancing n’auront eu aucun mal à la reconnaître, n’est-ce pas ? Les Gilmore girls sont donc ces trois femmes aux générations et tempéraments bien marqués, tantôt complices, tantôt ennemies, gravitant et s’agitant les unes autour des autres comme les éléctrons d’un seul et même noyau atomique.
On pourrait classer cette série dans le registre girly, mais ce n’est pas totalement vrai, puisque je me souviens que mon frère aimait également cette série et bien d’autres garçons, même s’ils ne l’avouaient pas toujours. On la regarde comme on regardait DAWSON, LES FRERES SCOTT, etc. Ce genre de teenage drama, à la différence qu’ici, Lorelai et Rory sont les personnages principaux. Leur relation fusionnelle, limite toxique, est mise en avant, le tout avec énormément d’humour.
Le personnage de Rory était par ailleurs original, à l’opposé de l’héroïne standard. Intello, habillée simplement, loin du cliché de la fille populaire, jolie sans pour autant être renversante de beauté. Davantage d’adolescentes purent alors se sentir représentées et valorisées, car Rory demeurait très courtisée par les garçons les plus intéressants, que ce soit Dean, Jess ou encore Logan. Ce qui plaît chez cette adolescente calme et sérieuse, c’est justement son côté authentique, ambitieux et son intelligence.
Les personnages de la série ont tous leur petit charme: des sarcasmes de Michel Gerard (Yanic Truesdale), le réceptionniste, à l’humeur grincheuse de Luke, en passant par l’excentricité de Lorelai ; le calme et le sérieux de Rory ; le couple froid et élitiste formé par les parents de Lorelai (Kelly Bishop et Edward Herrman); les ambitions rebelles de Lane (Keiko Agena), la meilleure amie de Rory ; la tendresse que dégage Sookie (Melissa McCArthy); le côté charmant de Dean (Jared Padalecki) et le personnage romantico/bad-boy de Jess (Milo Ventimiglia), le neveu de Luke ; l’amoureux de jeunesse et père de Rory, Christopher (David Sutcliffe); l’arrogance de Logan (Matt Czurchy) ; l’anxiété communicative de Paris (Liza Weil)…
C’est une série doudou, touchante, propre. Loin des séries d’adolescents, hypersexualisées et trash, comme EUPHORIA ou ELITE. GILMORE GIRLS se regarde emmitouflé sous un plaid, en mangeant des cookies et en sirotant un chocolat chaud. Et c’est merveilleux.
Je recommande donc cette série et sa suite, que j’ai trouvée juste et réaliste. On ne nous a pas fourni le happy ending auquel on aurait pu s’attendre, mais une sortie ancrée dans le réel, plus profonde et triste que la version juvénile. C’est dur de les voir vieillir et d’être confronté à cette fatalité qu’est le passage du temps, ainsi qu’à ce et ceux que l’on perd en chemin. Mais bref, vous savez quoi ? Je me suis auto-donné envie de revoir GILMORE GIRLS.