Après avoir vu Unlimited Blade Works et les films Heaven’s Feel, Fate/Zero apparaît comme un contresens total. La série est froide, désincarnée, théorique. Rien n’y vit. Rien n’y vibre.
Les personnages sont creux. Aucune attache, aucune tension, aucune dynamique. Saber, qui avait du relief et des conflits internes dans UBW, est ici un pantin sans âme. Kiritsugu est un bloc de mutisme, inaccessible, hermétique à toute empathie. Même Kirei, pourtant central, n’est encore qu’un spectateur passif de sa propre intrigue. Les autres ne sont que des silhouettes jetées dans un échiquier figé.
Le récit se traîne. Les dialogues veulent philosopher, mais tournent à vide. Pas d’élan, pas de vrai danger, pas d’urgence. À part Waver et Rider, qui arrivent à exister un peu, tout est plat. L’écriture sacrifie tout au ton grave et au symbolisme. À force de vouloir être sérieux, Zero devient soporifique.
Visuellement, c’est propre, mais glacé. Il manque l’impact émotionnel, la violence contenue, la chaleur humaine qu’on trouvait dans UBW ou Heaven’s Feel. On regarde des pièces d’échiquier avancer lentement vers une fin déjà écrite. Il n’y a pas d’histoire, juste une démonstration.
Voir UBW avant Zero permet de mesurer l’écart. Là où UBW donne des personnages incarnés, des relations tendues, des enjeux immédiats, Zero n’offre qu’un théâtre mort. Une tragédie figée, sans souffle, sans chair. Une déception.