"Ces délices violents, ont de violentes fins".
J'ai choisi de regarder Westworld de la même façon que toutes celles de mon parcours de rattrapage séries 2024 : en tant que minisérie. Raison pour laquelle je commente ici la saison 1 uniquement.
Qu'est-ce qui fait de Westworld est une série à part ?
Son sujet tout d'abord. Basée sur l'histoire de Micheal Crichton, qui choisissait d'envoyer ses personnages principaux dans trois univers thématiques distincts : le Pompéi antique, l'Europe médiévale et l'Ouest Américain.
On y retrouve en effet l'ensemble des obsessions de Crichton, à savoir un univers technophile, cynique, dominé par des corporations puissantes, qui invoquent la main divine afin de remodeler la vie dans une folie créatrice débordante.
Le tout passé sous la plume de Jonathan Nolan et de son épouse, on plonge dans ce lieu dont on cherche à comprendre le fonctionnement, les codes, sa conception, ses règles.
Un simulacre de vie, dont l'objectif affiché et une forme cathartique et primitive dans laquelle une haute société viendrait y laisser exploser ses plus bas instincts et pulsions en les confrontant à des environnements hostiles en apparence, mais dont le contrôle sous-jacent souligne la vanité.
Le contrôle, belle transition pour cette quête de la découverte de ce qui sommeil en nous, ce qui nous rend particulièrement humains ou non mais aussi le poids des souvenirs et de la vie consciente.
Le jeu d'acteur est irréprochable, même si le personnage haut en couleur (mais du reste plausible) de Lee Sizemore) cabotine par moments.
Immense joie que celle de retrouver un Anthony Hopkins en pleine forme, qui déploie pour notre plus grand plaisir toute l'étendue de sa palette d'acteur 5 étoiles, jusque dans les minimes recoins de ses micro-expressions dont il a le secret.
Les dialogues et certaines scènes touchent sincèrement des moments de grâce, aussi bien dans leur mise en scène que dans leur prose.
La musique joue également un rôle central dans cette saison 1 : Aussi bien la musique intra-diégétique avec le piano-bar mécanique, qui s'amuse à reprendre et à styliser en version "Saloon piano" certains grands tubes Britanniques, d'Amy Winehouse mais surtout de Radiohead. La bande originale quant à elle, signée Ramin Djawadi arrive parfaitement à nous faire ressentir l’ambiguïté et les émotions de ces situations parfois hors-normes.
Venons-en à mon principal reproche pour cette série qui m'a pourtant procuré des moments d'une si forte intensité ; Sa marque d'appartenance, la signature de filiation gravée dans sa chaire de production HBO post Game of Thrones : une sexualité surabondante et tapageuse :
Là où la décadence sexuelle qui prend place au cœur du parc fait totalement sens et mérite qu'on s'y penche, ou encore celles évoquant les déviances de certains opérateurs d' hôtes qui vont se décharger sur ces machines, ou enfin la romance qui va sceller l'attachement de William à Dolores, sont utiles et mettent beaucoup de choses en perspective.
Certaines autres cependant , sont purement vécues comme de petits susucres, la mention cul de chaque épisode pour faire plaisir aux personnes incapables de se concentrer sur 50 minutes consécutives d'épisode (la scène de sexe dans les flammes ou encore la scène de sexe qui est censée nous faire comprendre que Tessa Thompson est une femme de pouvoir qui sait ce qu'elle veut... Admettons, mais purement inutile, ou encore l'insistance sur le passage orgiastique.
Au final, rien qui n’entache l'expérience globale, mais plutôt ce trait typique de cahier des charges qui m'a fait me sentir pris pour un jambon à 2-3 reprises.
Je termine sur ces paroles de Dolores : Some people choose to see the ugliness in this world, the disarray. I choose to see the beauty. To believe there is an order to our days.