La première saison, démonstration narrative revenant sur l’ascension, sur une quinzaine d'année, de Pablo Escobar dans le paysage criminelle d'une Colombie bouleversée par l'arrivée de la cocaïne, fût une surprise de taille. Impeccablement mise en scène, addictive, documentée, rythmée, la première volée d'épisode de Narcos fût l'une des bombes télévisuelles de l'année dernière sur Netflix. Qu'en est-il donc de cette seconde saison, plus centrée sur la chute du même baron de la drogue, la chute de Pablo Escobar, sur une période bien plus concise? Eh bien, la qualité reste la même, une certaine intensité dramatique en plus. En somme, une puissante réussite, peu surprenante au vu des qualités de la première saison mais tout de même, que c'est agréable.
Wagner Moura est sublime dans le costume du baron de la drogue, dans le peau d'un monstre qui cède toujours d'avantage de terrain à l'ennemi, une brochette d'ennemis toujours plus étoffée. Après le règne criminelle sans partage, Escobar et les vestiges de son organisation tentaculaire, le Cartel de Medellín, se confronte à la justice, américaine et colombienne, à la concurrence de Cali, à des dissidents internes et à des milices sanguinaires d’extrême droite ayant fait allégeance à la CIA. Tout un menu qui poussera le monstre dans ses derniers retranchements, jusqu'à sa fin, bien connue, sur les toits d'un bario de sa ville, Medellín. Le tout est savamment orchestré dans le sens ou le déclin d'Escobar est à chaque épisode plus concret. Tout est narré avec une maîtrise parfaite des évènements, entre fiction, 20%, et faits réels, 80%. Les choses ne sont en effet pas si simples, mais le scénario permet de faire apparaître distinctement tous les points de vue, tous les intérêts en présence. Remarquable.
Tel un polar de cinéma maîtrisé et documenté, la seconde saison de Narcos est oppressante, est captivante et tout aussi addictive que la première. On connaît certes d'avance le fin mot de l'histoire mais le route est jalonnée de surprises, de retournements et d'une grande quantité de séquences remarquablement filmée, de dialogues savamment écrits. Escobar est certes un monstre sans pitié, mais il est aussi un homme. Sans faire preuve d'une quelconque condescendance, admiration, la production fait du baron de la drogue un homme avant-tout, un père de famille, un mari qui se voit rattraper par ses actions passées, qui voit son monde basculer à trop vouloir faire souffrir son pays.
Bref, une seconde saison formidable, passionnante, une suite logique à la première, dans la même veine mais à un rythme ralenti pour les besoins narratifs. C'est remarquable et ça ne souffre d'aucune polémique, d'aucune erreur de parcours. Vivement conseillé. 18/20