The Crown est, une fois encore, un joyau de Netflix qui prend ici des risques avec une histoire de reine... tribulations dont je me passe royalement depuis ma tendre enfance, totalement désintéressé des affres de cette monarchie parlementaire propre à nos amis britanniques.
Mais voilà : cette série est une balade succulente entre petite et grande Histoire. Celle de notre monde actuel dont nous payons encore le prix et dont l'héritage pèsera encore sur les épaules de nos enfants.
Elle est aussi l'histoire d'une jeune femme jetée dans la "cours des grands" alors qu'elle s'en serait certainement bien passé, comme son père, dans une époque où l'aristocratie anglaise s'étiole, frappée par la modernité ambiante et par la guerre aussi destructrice que catalytique.
Tout d'abord The Crown est un trio magique : musique, photographie et réalisation.
La première est signée par le génial Hans Zimmer (Gladiator, Black Hawk Down, Pirates des Caraïbes, etc.) qui produit et supervise les thèmes sonores de la série. Quand le générique sobre et classe, toujours synchro avec la scène d'introduction, prend aux tripes, la bande originale s'harmonise au cours des épisodes.
La seconde est à couper le souffle : chaque plan, serré ou large, détaillé ou fouillis, fait l'objet d'une lumière magnifique. On contemple souvent des tableaux, d'époque ; c'est encore plus vrai dans la saison 2.
Aussi la réalisation, aidée par les deux autres comparses, est digne des meilleurs films hollywoodiens. On est projeté dans l'époque comme une fleur au vent grâce à la mise en scène presque maniaque (dans la même veine je pense à Mad Men).
Enfin, bien sûr, la distribution est au sommet. On y croise beaucoup de comédiens britanniques inconnus au bataillon (pour ma part) toutes et tous très bons. Claire Foy (Elizabeth II) et le plus connu John Lithgow (Sir Winston Churchill) entre autres, sont à l'unisson dans cette fresque magnifique. Je n'insisterai pas sur la version originale, absolument indispensable pour saisir les accents nobles ou populaires, anglais, américains ou écossais, qui animent des dialogues ciselés. Impossible à doubler en l'état.
Croyez moi j'y suis allé à reculons. La saison 2 démarre et j'y avance en osmose totale avec la proposition réussie de cette production époustouflante. Soyez patient lors des premiers épisodes, qui dessinent lentement ce qui vient : l'Histoire du monde vue des deux côtés d'une lorgnette couverte de strass et de vison.