La majestueuse baleine accouche d'une petite sardine qui fouette.
Et pourtant, Stranger Things fait partie des séries que j'ai trouvées jusqu'à la saison 4 des plus imaginatives, immersives (esthétique 80's hyper réaliste), drôles et attachantes (personnages hauts en couleur).
Mais là, on est sur tout autre chose. Les réalisateurs se sont (honteusement) reposés sur le succès des 4 saisons précédentes (et le dernier épisode absolument dingue de la #4) pour empocher les pépettes sans se fouler.
Je passe rapidement sur ce que j'ai apprécié, la liste est maigre.
- L'intrigue avec Delightful Derek, rafraîchissante et personnage attachant.
- Le fait que les réalisateurs aient choisi de faire se séparer Nancy et Jonathan (obvious) SANS recaser Nancy à tout prix.
- La scène jouissive de l'enlèvement des mioches de la base militaire via les tunnels.
Voilà, j'ai fini.
En quelques points, pourquoi à mon sens cette série est ratée :
- Scénario paresseux (ne tient pas debout et révélations mal distribuées qui puent les cliffhanger dictés par des besoins commerciaux de distribution des épisodes)
- Lenteur asphyxiante (dialogues soporifiques omniprésents qui illustrent la façon que Netflix a de capter l'attention de spectacteurs dissipés en décrivant verbalement au lieu de montrer, épisodes beaucoup trop longs avec finalement peu de matière à l'intérieur...)
- Quasi absence d'humour et de légèreté (
le personnage de Eleven est particulièrement austère, rasoir et sans saveur, #expressionconstipée ! On commence par un épisode rasoir-issime sur son sur-entraînement. Heureusement que Murray sauve les meubles et que Delightful Derek relève le niveau, mais ils sont trop secondaires pour que ça ait du poids à l'échelle de la série.
- Instrumentalisation éhontée de l'inclusivité (
cette scène du coming out de Will est à la fois ridicule, gênante, inappropriée là où elle est placée, tellement attendue... Je ne sais pas comment exprimer à quel point ce choix scénaristique est paresseux et naze).
- Emotions au point mort :
la série est tellement clichée qu'elle n'en est plus stressante. On n'a peur pour aucun personnage, le méchant est trop méchant... Y a eu des vidéos Insta hilarantes sur tout ce que les spectateurs avaient pu faire pendant la scène où Holly et Max s'échappent... effectivement, elles ont commencé un podcast en plein Camazotz au lieu de fuir.
Idem,
la mort de Kali (personnage tellement secondaire qu'on s'en fout) est survolée et ne déclenche aucune émotion.
Enfin,
la mort de Vecna est ridicule, hyper rapide et donne un effet de "tout ça pour ça".
- Vraisemblabilité 0 = immersion -1000
Le meilleur exemple de ça est
la scène où Jonathan et Nancy sont censés finir noyés dans du plastique fondu. Après avoir été couchée dedans, après s'être débattus, avoir pataugé dedans, ils commencent une discussion MÉGA longue de couple avant leur mort, qui dure si longtemps que le plastique a eu le temps de sécher ET solidifier, 1 cm avant de les engloutir. Evidemment, les cheveux de Nancy sont immaculés, ils sont à peine surpris d'être en vie, et ils seront sauvés dans la foulée. La nullité du truc.
Autre exemple édifiant :
Les personnages sont plus forts qu'une armée de militaires sur-entraînés, notamment Nancy qui devient une machine de guerre. Personne ne finit blessé, c'est quand même surprenant (et, encore une fois, très paresseux scénaristiquement !).
- Une photographie 100% IA paresseuse et moche, qui donne à la série un style cheap. Tout cet argent investi pour ressembler à un vieux clip de Linkin Park...
On pourrait déjà conclure que c'est une regrettable daube, mais il y a encore les 45 minutes finales après
la mort éclair de Vecna
, qui m'ont fait l'effet (en pire) de l'heure finale du Retour du Roi du SDA en version loooongue.
J'ai nommé : ce happy ending insupportable où on ne nous épargne rien : mièvreries étouffantes ponctuées de larmes, conservatisme américain +++, cochage de cases de la "normalité" (les mariages, jobs et grandes études), on passe littéralement une heure à pleurnicher et se consoler, ça sonne tellement faux. Et non contents de nous ensevelir sous de la niaiserie, les réalisateurs échauffaudent en prime une théorie sur Eleven qui s'est échappée...
30 millions de dollars par épisode pour produire ça, c'est moche.