Saison 5 Nul. Parce que cette fin nous arnaque narrativement de bout en bout — et surtout, elle n’assume jamais ses propres menaces.
On nous promet l’apocalypse, la perte, le point de non-retour. Mais au final, personne ne meurt vraiment. Ou alors à la marge, sans poids durable. Des saisons entières à répéter « cette fois c’est fini », pour finalement protéger presque tout le monde. Résultat : plus aucune tension. Quand on sait que les personnages principaux sont intouchables, le danger devient décoratif.
Les arcs narratifs suivent la même logique : construits longuement, puis bouclés en deux-deux, parfois en une seule scène expédiée. Ce n’est pas de l’efficacité, c’est du raccourci scénaristique. Le développement est remplacé par des résolutions express, comme si la série voulait juste cocher des cases avant le générique.
Les scènes de combat ? Beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Montage nerveux, musique épique, poses héroïques… mais aucune vraie conséquence. Les combats durent, mais ils ne racontent rien. Et surtout : où sont les monstres de l’Upside Down ?
Ce monde devait être hostile, imprévisible, peuplé de créatures cauchemardesques. À la place, tout est recentré sur un méchant unique, façon boss final, pendant que l’Upside Down devient un simple décor en images de synthèse, sans mystère ni terreur.
Une fin douce, pourquoi pas.
Mais pas après avoir passé des saisons à dire : « Tout peut s’effondrer. »
Si tu promets l’enfer, tu ne peux pas finir par un câlin collectif sans que ça sonne faux.
Au final, le fan service prend le dessus sur l’écriture : nostalgie, clins d’œil, répliques pensées pour émouvoir et rassurer. Ça fonctionne émotionnellement, oui — mais ça évite soigneusement les choix difficiles.
Netflix peut garder sa nostalgie : costumes, musique, décors. Mais côté écriture et émotion, on nous prend par la main. Tout est expliqué, chaque sentiment est verbalisé, jusqu’à ne plus rien laisser à ressentir.
Le plus ironique, c’est que les films des années 80 faisaient bien mieux avec une fraction du budget. Poltergeist, The Thing, Gremlins, ., Les Goonies, Freddy ou . Fantômes construisaient la peur, la tension et l’émotion par la mise en scène, le silence et l’atmosphère — pas par l’exposition. Avec 400 millions de dollars, on était en droit d’attendre quelque chose de plus audacieux, plus sombre, plus risqué.
Au final, il n’y a que le discours de Dustin et la partie Donjons & Dragons qui étaient vraiment réussis.