Baron Noir
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soniadidierkmurgia
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 336 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 1
4,0
Publiée le 1 mars 2018
La lutte pour le pouvoir au sein des démocraties occidentales constitue actuellement un terreau fertile pour les créateurs de séries ("Borgen", "House of Cards",...). Le grand show qu'est devenue depuis quinze la vie politique française dont les coulisses sont relatées en continu par les chaines d'info et les magazines people ne pouvait manquer d'être croqué sur le petit écran. C'est le cinéma qui s'est en premier lieu saisi du phénomène avec des films aussi divers que "La conquête" (Xavier Durringer en 2011), "L'exercice de l'état" (Pierre Schoeller en 2011) ou "Quai d'Orsay" (Bertrand Tavernier en 2013). L'heure était donc venue pour une série télévisée de poids. Rien de mieux que Niels Arestrup à la stature enfin reconnue pour incarner un président en exercice. De ce côté-là point de surprise. Mais imaginer Kad Merad en politicien teigneux et enjôleur, prêt à tout pour se venger de son mentor quand celui-ci l'oublie sur les marches du pouvoir qu'ils ont gravies ensemble, il fallait oser. C'est le pari qu'on tenté et réussi Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon. L'acteur quasiment omniprésent à l'écran tout au long des huit épisodes de la série est proprement prodigieux à la manière d'un Bourvil ou d'un Michel Serrault quand ils passaient de leurs emplois habituels de bouffons à leurs grands rôles dramatiques qui sont restés gravés dans les mémoires ("Le miroir à deux face", "Le cercle rouge", "Garde à vue", "Les fantômes du chapelier", "On ne meurt que deux fois"). Sûr qu'après ce rôle, l'horizon de Kad Merad va s'élargir. Le scénario qui surfe habilement sur l'actualité la plus récente, faisant d'Arestrup un savant mélange entre le charisme de François Mitterrand et l'absence de convictions de François Hollande, nous décrit un milieu vivant en vase clos où tout est mis au service des ambitions personnelles et des vengeances froides à assouvir. Les plus importantes décisions paraissent quelques fois prises en fonction d'intérêts plus mineurs pour ne pas dire dérisoires quand il s'agit de sauver sa réputation salie par les affaires. Philippe Rickwaert (Kad Merad), fidèle lieutenant est sans arrêt à la manœuvre pour colmater les brèches, devant en plus lutter contre le système qui admet mal son ascension alors qu'il n'est pas issu de l'immuable sérail de l'énarchie. Bien sûr on connait tout cela, terreau de l'abstention qui monte et l'on se dit qu'il faut vraiment être masochiste pour prendre plaisir à ce qui souvent nous dégoûte. Mais l'homme est ainsi fait qu'il n'aime rien tant à l'instant présent que ce qu'il a autrefois honni et inversement. C'est sur ce paradoxe humain que le monde politique base sa survie. Pour combien de temps encore ? A noter la présence envoûtante d'Anna Mouglalis dont la voix grave et légèrement enrouée distille un charme auquel le spectateur comme le héros ont du mal à résister. Une excellente série dont une deuxième saison aussi bien écrite serait bienvenue.
stallonefan62
stallonefan62

373 abonnés 2 901 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 1
4,0
Publiée le 6 février 2018
très bonne série politique !! on ne s'ennuie pas, c'est très rythmés, prenant ... la réalisation est très bonne, énergique avec une BO excellente !!! Entre trahison, complots, coup bas, revirements, on prend un malin a plaisir à suivre tous les protagonistes . le casting est vraiment bon avec Neils Arestrup très convaincant en président et Kad Merad livrant une prestation remarquable
stallonefan62
stallonefan62

373 abonnés 2 901 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 2
3,5
Publiée le 6 février 2018
2ème saison qui repose principalement sur une interprétation sans faille avec un Kad Merad bluffant en manipulateur !! Les épisodes sont rythmés, vivants mais il n'est pas évident de tout suivre à cause de séquences et rebondissements parfois complexe
ptitmayo
ptitmayo

44 abonnés 969 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 2
4,5
Publiée le 17 février 2018
Baron Noir revient avec 2 premiers épisodes bien différents mais passionnants, denses et bien écrits (certains dialogues sont mémorables).

Le premier se focalise sur la présidentielle et multiplie les références à celle de 2017 spoiler: (les 4% de Dupont-Aignan, le FN très haut, le candidat de la droite détruit, l'islam au coeur des débats)
tout en montrant les évolutions politiques modernes spoiler: (le fameux ni-ni, les réseaux sociaux et leur parodie, la recherche Google qui aboutit à des trucs délirants, les partis classiques en décomposition)
. L'ensemble sert d'écrin au grand stratège Philippe, sorti de prison et en pleine forme spoiler: (il se prend pour Jeanne d'Arc)
, qui revient dans le jeu et s'oppose au climat actuel (rassemblement avec le centre). J'ai beaucoup aimé les répliques acerbes déguisées sur Mélenchon spoiler: (et son programme délirant)
, tout le petit jeu pour anticiper les législatives spoiler: (refuser le soutien de la droite aux présidentielles pour s'attirer l'extrême gauche)
et aussi la grande marotte de l'union des gauches et de la première femme présidente.

L'épisode 2 se distingue du premier car il traite à la fois la composition ministérielle délicate et les projets futurs de Philippe. Du côté de la présidente, le jonglage entre droite, centre et extrême gauche est bien mis en avant, avec au milieu une galerie de personnages en plein dilemme entre leurs ambitions et leur idéologie. Les idées spoiler: des candidats de la société civile et de l'éviction des dinosaures de l'Assemblée
sont très conformes au débat actuel et font grandement référence à Macron.
Concernant Philippe, son retour à Dunkerque est touchant spoiler: (son discours à la permanence sur les sacrifices)
, jouissif spoiler: (dans sa façon d'embobiner l'actuel candidat PS à Dunkerque, ses répliques méchantes, son sens de la stratégie)
et maîtrisé spoiler: (l'article dans Libé, l'allusion claire à tous les politiques qui ont fait leur retour sans soucis après avoir pourtant été condamnés ou discrédités)
.
Enfin, spoiler: le rapprochement final avec la présidente
promet pas mal d'excellentes choses, entre hypocrisie, amour et coups bas. Kad Merad est parfait, Anna Mouglalis aussi.

L'épisode 3 est excellent dans sa capacité à gérer les législatives, tout en usant de détails modernes spoiler: (le fameux ni-ni, les réseaux sociaux et leur parodie, la recherche Google qui aboutit à des trucs délirants, les partis classiques en décomposition) 0
et de thématiques récentes spoiler: (le fameux ni-ni, les réseaux sociaux et leur parodie, la recherche Google qui aboutit à des trucs délirants, les partis classiques en décomposition) 1
. Surtout, la série montre les divergences entre les membres d'un même parti spoiler: (le fameux ni-ni, les réseaux sociaux et leur parodie, la recherche Google qui aboutit à des trucs délirants, les partis classiques en décomposition) 2
et l'opposition entre l'engagement local et les ambitions nationales spoiler: (le fameux ni-ni, les réseaux sociaux et leur parodie, la recherche Google qui aboutit à des trucs délirants, les partis classiques en décomposition) 3
, tout en narrant les procédés politiques douteux spoiler: (le fameux ni-ni, les réseaux sociaux et leur parodie, la recherche Google qui aboutit à des trucs délirants, les partis classiques en décomposition) 4
. Les différents twists sont très bien gérés, car chaque pièce du puzzle est utilisée au bon moment.

Pour l'épisode 4, on rentre dans tout autre chose, à savoir un focus sur Philippe et ses difficultés, et la présidente confrontée à des problèmes plus sérieux et délicats que les guéguerres internes. À propos de la présidente, la série colle à l'actualité, en traitant la menace Daesh spoiler: (le fameux ni-ni, les réseaux sociaux et leur parodie, la recherche Google qui aboutit à des trucs délirants, les partis classiques en décomposition) 5
et en faisant référence à des événements de notre histoire politique spoiler: (le fameux ni-ni, les réseaux sociaux et leur parodie, la recherche Google qui aboutit à des trucs délirants, les partis classiques en décomposition) 6
. Je trouve qu'Anna Mouglalis a beaucoup de charisme en présidente et que la réalisation alternativement aérienne, dynamique et intimiste rend bien compte de l'urgence de la décision et de la difficulté de devoir l'assumer.
Concernant Philippe, tout part en sucette, spoiler: (le fameux ni-ni, les réseaux sociaux et leur parodie, la recherche Google qui aboutit à des trucs délirants, les partis classiques en décomposition) 7
. Mon seul regret à ce niveau est l'abus de dialogues philosophico-politiques théoriques, un peu lourds à la longue.

L'épisode 5 délivre une peinture très réaliste des basculement politiques opérés lors de la dernière présidentielle. Baron Noir a tout compris du nouvel échiquier politique à trois branches spoiler: (le fameux ni-ni, les réseaux sociaux et leur parodie, la recherche Google qui aboutit à des trucs délirants, les partis classiques en décomposition) 8
et montre bien les manigances de chacun pour sortir du lot spoiler: (le fameux ni-ni, les réseaux sociaux et leur parodie, la recherche Google qui aboutit à des trucs délirants, les partis classiques en décomposition) 9
. Au-delà de cela, le scénario évoque très bien la question religieuse, spoiler: (il se prend pour Jeanne d'Arc) 0
. Ce climat dangereusement haineux et asphyxié par la religion qui veut gouverner se ressent parfaitement et fait malheureusement écho avec la réalité.

Après un épisode 5 basé principalement sur le côté structurel de la politique, l'épisode 6 aborde le fond idéologique avec brio. spoiler: (il se prend pour Jeanne d'Arc) 1
À travers cela, le scénario parle intelligemment de la difficulté pour un politique d'effacer une bévue de communication, évoque le climat actuel ultra sensible et fait référence à des événements récents spoiler: (il se prend pour Jeanne d'Arc) 2
.
Pour le reste, Philippe est particulièrement intéressant, spoiler: (il se prend pour Jeanne d'Arc) 3
. Le script donne à Kad Merad de très bons dialogues percutants spoiler: (il se prend pour Jeanne d'Arc) 4
Je suis un peu plus sceptique sur le rôle de Salomé, sous-utilisée.

L'épisode 7 se montre extrêmement passionnant dans les différentes tentatives et ruses pour reconstruire l'échiquier politique. spoiler: (il se prend pour Jeanne d'Arc) 5

Concernant l'épisode 8, on rassemble ce qui a fait toute la saison: spoiler: (il se prend pour Jeanne d'Arc) 6

La seule chose qui m'a dérangé dans cet épisode, spoiler: (il se prend pour Jeanne d'Arc) 7


Bilan: j'ai trouvé cette saison encore meilleure que la première, sûrement car elle retrace à fond un événement majeur de notre vie politique en 2017, alors que la saison 1 ne s'appuyait pas sur cela.
soniadidierkmurgia
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 336 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 16 février 2018
La lutte pour le pouvoir au sein des démocraties occidentales constitue actuellement un terreau fertile pour les créateurs de séries ("Borgen", "House of Cards",...). Le grand show qu'est devenue depuis quinze la vie politique française dont les coulisses sont relatées en continu par les chaines d'info et les magazines people ne pouvait manquer d'être croqué sur le petit écran. C'est le cinéma qui s'est en premier lieu saisi du phénomène avec des films aussi divers que "La conquête" (Xavier Durringer en 2011), "L'exercice de l'état" (Pierre Schoeller en 2011) ou "Quai d'Orsay" (Bertrand Tavernier en 2013). L'heure était donc venue pour une série télévisée de poids. Rien de mieux que Niels Arestrup à la stature enfin reconnue pour incarner un président en exercice. De ce côté-là point de surprise. Mais imaginer Kad Merad en politicien teigneux et enjôleur, prêt à tout pour se venger de son mentor quand celui-ci l'oublie sur les marches du pouvoir qu'ils ont gravies ensemble, il fallait oser. C'est le pari qu'on tenté et réussi Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon. L'acteur quasiment omniprésent à l'écran tout au long des huit épisodes de la série est proprement prodigieux à la manière d'un Bourvil ou d'un Michel Serrault quand ils passaient de leurs emplois habituels de bouffons à leurs grands rôles dramatiques qui sont restés gravés dans les mémoires ("Le miroir à deux face", "Le cercle rouge", "Garde à vue", "Les fantômes du chapelier", "On ne meurt que deux fois"). Sûr qu'après ce rôle, l'horizon de Kad Merad va s'élargir. Le scénario qui surfe habilement sur l'actualité la plus récente, faisant d'Arestrup un savant mélange entre le charisme de François Mitterrand et l'absence de convictions de François Hollande, nous décrit un milieu vivant en vase clos où tout est mis au service des ambitions personnelles et des vengeances froides à assouvir. Les plus importantes décisions paraissent quelques fois prises en fonction d'intérêts plus mineurs pour ne pas dire dérisoires quand il s'agit de sauver sa réputation salie par les affaires. Philippe Rickwaert (Kad Merad), fidèle lieutenant est sans arrêt à la manœuvre pour colmater les brèches, devant en plus lutter contre le système qui admet mal son ascension alors qu'il n'est pas issu de l'immuable sérail de l'énarchie. Bien sûr on connait tout cela, terreau de l'abstention qui monte et l'on se dit qu'il faut vraiment être masochiste pour prendre plaisir à ce qui souvent nous dégoûte. Mais l'homme est ainsi fait qu'il n'aime rien tant à l'instant présent que ce qu'il a autrefois honni et inversement. C'est sur ce paradoxe humain que le monde politique base sa survie. Pour combien de temps encore ? A noter la présence envoûtante d'Anna Mouglalis dont la voix grave et légèrement enrouée distille un charme auquel le spectateur comme le héros ont du mal à résister. Une excellente série dont une deuxième saison aussi bien écrite serait bienvenue.
Arlette et les mécanos
Arlette et les mécanos

91 abonnés 573 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 15 février 2016
J'ai adoré. Tout y est: très bon scénario jamais confus ni alambiqué bien au contraire vraiment prenant et intéressant, acteurs tous mais tous excellents la palme allant à Kad Mérad tellement à contre emploi bien qu'on pouvait déjà supposer l'étendue de son jeu dans Je vais bien ne t'en fais pas. Même Anna Mouglalis que d'ordinaire je n'aime pas du tout, colle bien au personnage malgré le fait qu'elle joue comme un pied et débite son texte de façon crispante. Arestrup comme d'habitude, grand acteur bref une série française parfaitement réussie.
Vinz1
Vinz1

272 abonnés 2 823 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 1
4,5
Publiée le 5 février 2018
Excellente série sur les arcanes et les coups-bas de la politique française avec de formidables acteurs (Kad Merad en tête) et un très bon scénario. C'est bien simple, on ne décroche pas une seule seconde, vivement la suite !
anonyme
Un visiteur
Critique de la saison 2
5,0
Publiée le 24 janvier 2018
Fantastique Kad Merad. Fantastiques dialogues. Fantastique scénario. Une série qui fait du bien au cerveau.
Fred C.
Fred C.

1 abonné 11 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 2
0,5
Publiée le 25 janvier 2018
Lourd, répétitif, surjoué, pauvre, inesthétique. Comme si le net n’avait pas déjà tout étalé sur les coulisses du pouvoir depuis des années! Et qui s’interesse encore aux bobos de Solférino (toujours en vente)?
Xavier R.
Xavier R.

12 abonnés 3 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 1
4,5
Publiée le 11 février 2016
Je trouve la série très réussite quelque longueur par moment mais dans l ensemble ç est réussi et ça donne une vision réaliste et actuel du monde de la politique française. La série n est pas du niveau de house of card mais pour une série française ç est du bon !!!
anonyme
Un visiteur
Critique de la série
0,5
Publiée le 8 avril 2016
Vraiment mauvais. Les acteurs récitent et cabotinent, plein de clichés et un scénario peu crédible qui lasse rapidement.
anonyme
Un visiteur
Critique de la série
5,0
Publiée le 15 février 2016
Grandiose! N'étant pas du tout fan du jeu de Kad Merad je suis allé a reculons, mais seulement après le première épisode on est plongé dedans! Une série vraiment superbe qui na rien a envié au série américain Bravo canal+ pour cette création original!
anonyme
Un visiteur
Critique de la série
3,0
Publiée le 23 février 2016
Mouais, on peut résumer la série assez facilement.
Par : "la fin justifie les moyens".
A l'inverse d'House of cards, cette série politique est facilement compréhensible.
Au final, Kad Mérad est meilleur acteur dans des drames, que dans des comédies.
La série manque de subtilité, elle affiche clairement que les socialistes ont de bonnes idées et la droite des magouilleurs.
Le seul atout de cette série, qu'ils soient de droites ou de gauche, les politiciens mènent une guerre d'ego entre eux et dans le même parti : "Moi je ferai mieux que lui".
Mais c'est un bon divertissement.
Rico11
Rico11

3 abonnés 14 critiques Suivre son activité

Critique de la série
5,0
Publiée le 26 février 2020
Série au coeur de la politique Française. Je regardé les épisodes avec passion du début jusqu'à la fin. Très bon Kad Merad les autres jouent pas mal non plus. Nous sommes vraiment à la frontière entre la réalité et la fonction. Ça fait vraiment réfléchir sur le rôle de la politique et du poids sur les épaules de femmes et d hommes souvent (pas toujours) au service de leur pays. Le seul souci c est qu on parle surtout des élections dans cette série (il y a surement des similitudes avec la vie réelle ...)
Caine78
Caine78

7 755 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 1
3,0
Publiée le 9 mai 2017
Pas mal de découvrir ce « Baron Noir » en pleine élection présidentielle : moi qui ne regarde quasiment jamais de séries françaises, la pertinence de celle-ci n'en est que plus grande. Plutôt bien faite, pas mal rythmée et manifestement documentée, cette première saison peut compter sur des personnages complexes et intéressants, dont l'évolution et les relations les uns aux autres évoluent assez subtilement, entre jeux de dupes, manipulations et défiance, où l'on sent souvent une grande violence intérieure. De plus, si l'interprétation d'ensemble est à la hauteur (petite mention pour Astrid Whettnall), Niels Arestrup en impose évidemment, mais Kad Merad s'en sort aussi très honorablement dans un contre-emploi total. Ce qui m'a surtout gêné, et même si cela devrait être plutôt un compliment : cette série est « trop » intelligente. Je m'explique : ça va à toute allure, si bien qu'on a parfois beaucoup de mal à comprendre le pourquoi du comment et les motivations des uns et des autres pour prendre telle ou telle décision. Si bien que si l'on aime la politique sans être directement impliqué dans le milieu, je crains qu'à plusieurs reprises le scénario soit fort confus, ce qui gêne notre capacité d'implication et d'immersion dans l'œuvre. Enfin, alors qu'une des grandes forces de la série était la capacité à voir son héros rebondir et s'adapter à toutes les situations, aussi complexes et intenables soient-elles, ce spoiler: tournant « moral » avec prise de conscience m'a paru bien peu cohérent avec le reste
, les scénaristes semblant à mon sens pousser par moments le bouchon un peu loin spoiler: (la démission du président de la République : mouais)
. Des faiblesses, donc : je n'ai été ni aussi sensible, ni aussi fasciné que je ne l'aurais imaginé, et ce alors que sur le papier j'avais tout pour me régaler. Mais « Baron Noir » a de la personnalité, est capable de nous montrer à quel point un homme seul peut parfois bousculer le pouvoir en place, les luttes hallucinantes pouvant avoir lieu au sein d'un même parti, ainsi que de nombreux aspects de la politique jamais abordées et pourtant essentiels, les allers-retours entre Élysée et réalité du « terrain » permettant une intéressante vision d'ensemble. Pas le coup de cœur attendu, mais une série valant clairement le détour.