Rien ne va dans cette série. J'ai abandonné au bout du troisième épisode.
Chaque "enquête" est traitée superficiellement. Les policiers (qui auraient plus leur place dans une comédie burlesque) se fient à leur "instinct", tirent des conclusions à partir d'approximations, dont confondants d'inutilité dans leur enquête. Tant et si bien que le seul enquêteur qui se veut efficace l'est uniquement parce qu'il utilise des équations hypercompliquées que personne ne veut comprendre... et tout ça pour découvrir une information triviale (il suffisait de consulter un plan de la ville). On est tout, sauf dans un polar. C'est un nanar.
Du côté des antagonistes, c'est encore pire. Je n'ai jamais vu des criminels déployer de tels moyens de nuisance (attaque au char d'assaut hi-tech, prise d'otage généralisée avec gaz meurtrier inconnu) pour un résultat aussi médiocre, aussi nul. Jamais l'expression "et la montagne accoucha d'une souris" n'a fait autant sens.
On sent bien qu'il y a, derrière tout cela, un enjeu de quête identitaire où transparait le surnaturel, avec le sempiternel héro atteint d'amnésie post-traumatique. Que du vu et du revu, avec les inévitables antagonistes pétris d'allusions mystico-mystérieuses, pour mettre un peu de verni sur la construction du personnage principal.
À cela, rajoutez des dialogues insipides, des doublages mauvais (j'ai essayé l'anglais et le français, et visiblement les doubleurs ont eu du mal à s'identifier dans les personnages...) et on obtient quelque chose de nullissime.
Je ne m'étendrai pas non plus sur le côté surréaliste des scènes d'action. Je ne fais pas allusion à celles des êtres surhumains qui se livrent une guerre secrète dans cette histoire, mais juste de ces flics qui espèrent arrêter un char d'assaut dans leur bagnole de service (ont-ils un plan ? non.) ou qui font de la voltige avec leur bagnole (ça se veut crédible ou bien tiré d'un cirque ?). Je pense juste qu'à un moment donné, il faut choisir son registre. Là, on n'est pas dans celui d'un polar, mais dans quelque chose de grotesque.
En règle générale, lorsqu'on met en scène une histoire, on fait en sorte que chaque scène apporte quelque chose, que chaque dialogue développe un point de vue, une perspective, qui reste cohérente avec l'ensemble de l'intrigue. Et lorsque le temps semble s'arrêter, c'est pour poser un décor, une atmosphère. Ici, combien de fois me suis je demandé à quoi servait telle scène, tel dialogue...
Alors, oui, évidemment, il y a des œuvres bien pires que ce "B the begining". Mais ce qui m'a agacé, c'est que ce soit vendu comme un bon polar policier orienté action et surnaturel. Alors qu'il n'est ni bon, ni polar, ni policier ; que l'action y est digne d'un shonen lambda ; que son surnaturel est gâché par ses scènes surréalistes.
Je met une étoile pour le charadesign et l'effort consenti pour créer ce monde semi-imaginaire, mais ça vaut vraiment pas plus.