The Terror est une nouvelle série historique et horrifique de la chaîne câblée américaine AMC dont le fer de lance actuel reste la bancale adaptation de la bande-dessinée The Walking Dead.
Mais le média est aussi responsable d'un petit bijou historique, Mad Men ou plus récemment, de la série Turn : Washington Spies.
C'est donc avec des attentes assez élevées que je me lançais dans The Terror, l'histoire de deux bateaux de la marine Britannique qui en 1846, se retrouvaient piégés par les glaces durant la traversée du passage du Nord-Ouest.
Adaptée d'un livre et basée sur les découvertes des corps et des vestiges de cette expédition, The Terror (nom de l'une des bombardes) s'appliquent dès son démarrage à nous coller au plus près de cet équipage en faisant ressortir au milieu de ce piège de glace, les personnalités, les rivalités, les secrets et les désaccords des personnages. La narration est lente, comme le temps qui semble se figer dans ce décor dénué de repères visuels. Les choix, les décisions et la hiérarchie installent doucement la peur d'une triste conclusion. La mort se fait de plus en plus présente par les diverses conséquences naturelles et lorsqu'une entité toute droit sortie de la mythologie Inuit s'en mêle, le surnaturel à la présence discutable, finit de sceller le sort de nos marins.
Des conflits et des hommes.
La réussite de The Terror se trouvent dans son atmosphère oppressante et froide, que l'on soit à l'extérieur, dans les nuits interminables des premiers épisodes ou au sein des navires, entre morts, autopsies et promiscuité poisseuse.
La survie est omniprésente et la vacuité du lendemain est superbement retranscrite sur les visages des acteurs tous plus formidables les uns que les autres. Qu'il s'agisse de Jared Harris ou de Tobias Menzies (d'abord détestable puis finalement sympathique), de Paul Ready (humain jusqu'au bout) ou de la surprise Adam Nagaitis, le casting sublime les relations en milieu hostile de ces hommes aux prises avec leurs espoirs et leurs désillusions, leurs valeurs et leurs plus bas instincts.
Tuunbaq ?
Et au milieu de toutes les causes de mortalités qui jalonnent le récit, maladies, manque de nourriture, désespoir, folie, on se demande si le Tuunbaq, incarné par un ours polaire démesuré, était finalement nécessaire. Ses rares incursions rageuses et voraces amènent un rythme dans cette ambiance presque figée mais le réel ne se suffisait-il pas à lui même tant les images marquantes se trouvent dans les actions et les réactions humaines. Un côté surnaturel qui permet peut-être de rendre l'humain plus monstrueux que le monstre lui même mais qui se fond difficilement dans le récit historique.
Quoiqu'il en soit, The Terror est une nouvelle série d'orfèvre qui nous plonge dans l'atmosphère de l'époque et dans la tête des membres de cette expédition décimée. Une réussite indéniable pour cette première saison qui aura finalement une suite à la manière d'un True Detective ou d'un American Horror Story, avec une nouvelle histoire originale. A suivre, avec intérêt...