Petit bijou que je découvre tard, mais les cavaliers de l'Apocalypse me diraient sans doute : "vieux motard que j'aimais". Bon, trêve de vieilles blagues et raisons pour lesquelles j'adhère: l'histoire d'abord, une situation humoristique et absurde avec des trucs sérieux derrière (l'interrogation sur l'au-delà, le mal, le regard compréhensif envers les imperfections de l'humanité, le cauchemar technologique et on en passe). L'univers visuel et musical (décors, costumes, sons) est également très réussi : autant il peut me parasiter une histoire (c'est un peu le cas dans Sherlock), autant ici il est à sa place, et très soigné (ah, ce paradis ! Cette librairie ! Cette voiture!) , pour caractériser les personnages et les époques. Evidemment il faut parler des interprètes, tous très justes. Les deux acteurs principaux dépotent ! Les élèves peu enclins à rendre leurs devoirs maison devraient s'inspirer des mimiques de Michael Sheen quand il doit s'expliquer sur l'épée de feu, la rage romantico-ironique de David Tennant est tantôt hilarante, tantôt extrêmement touchante et tous les deux dessinent un lien émouvant. Les personnages secondaires sont très réussis. Je termine cette énumération de qualités avec le plaisir de retrouver une multitude d'acteurs anglais déjà appréciés dans Sherlock (Mark Gatiiiiiisssss!!! et Sian Brooke, moins terrifiante qu'Euros) ou Inside Number 9 (Reece Shearsmith, que je n'avais pas reconnu, et Steve Pemberton, ces amours). Il y a de quoi faire, c'est vrai, avec la multitude des évolutions imaginées à partir de la situation initiale. J'avoue, c'est un peu à partir de là que le bât blesse pour moi : le fil de l'intrigue se dilue un peu inutilement parfois, la série a un côté puzzle qu'il faut accepter, mais la profondeur qu'elle dégage l'air de rien, l'émotion et surtout l'humour, sont pour peu d'efforts d'énormes réconforts! Rien que le plot twist ultime, que je n'ai ABSOLUMENT PAS vu venir, rattrape un paquet de faiblesses, on peut rester juste pour lui.