Quel naufrage... Peu attiré par le synopsis, qui laissait présager un contenu sans grand intérêt, j'ai tout de même fini par donner sa chance à Euphoria au vu de son succès et de son casting 5 étoiles (Jacob Elordi, Sydney Sweeney, Zendaya, Eric Dane...). Et le résultat est exactement celui que je redoutais : le jeu d'acteurs est sans surprise excellent, mais tout le reste est un désastre absolu. Ce n'est pas seulement inintéressant, c'est mauvais de bout en bout et d'un vide qui ferait pâlir le gouffre de Padirac.
Pendant 18 épisodes (en comptant les 2 spéciaux), les scénaristes nous plongent dans le quotidien de lycéens complètement paumés, qui passent leur vie en soirée à se droguer et à coucher avec n'importe qui. Leur décadence est presque présentée comme une norme, vu la façon dont certains actes sont banalisés, et se veut représentative de la jeunesse actuelle, sous couvert de recherche d'identité.
On a ainsi droit aux personnages caricaturaux types des productions sans imagination : le beau grosse violent qui se recherche derrière sa façade de grosse brute, le gentil dealer qui est contraint de faire ce qu'il fait par son adolescence compliquée, le pote gay/trans sympa, les parents indignes et complètement déboussolés... Tout ce joli cocktail évolue péniblement au sein d'épisodes creux étirés inutilement en longueur : environ 1h par épisode, c'est beaucoup quand on n'a rien à raconter.
En effet, l'intrigue n'a aucune consistance, on ne voit pas où veulent en venir les scénaristes et les rares enjeux sont relégués au troisième plan. L'essentiel des épisodes est composé de dialogues interminables, empreints de psychologie à deux sous (amusez vous à compter les formules cliché du style "je ne suis pas une belle personne") et de réflexions insipides sur le sens de la vie. La voix off de Rue, qui présente les différents protagonistes au fur et à mesure de la série, en est la parfaite illustration : des tonnes et des tonnes de flashbacks et d'analyses sociologiques complètement forcées, pour tenter de donner du relief à des personnages vides et sans âme. Un véritable supplice, infligé par un personnage principal détestable et toxique que l'on cherche en vain à nous rendre sympathique.
Le tout dans une production vendue comme "très bien montée et mise en scène". Pardon ? C'est tout le contraire, on nous superpose sans cesse des chronologies différentes et une alternance réel/imaginaire très mal gérée, ce qui donne un rythme extrêmement saccadé. Et un rendu final à l'état de brouillon, désagréable à suivre, qui part dans tous les sens sans queue ni tête.
À l'arrivée, seuls deux moments ont vraiment retenu mon attention dans l'ensemble de "l'oeuvre" : la discussion entre Rue et Ali (seul personnage potable avec la mère de Rue et Ethan) dans le premier épisode spécial, qui même si elle s'éternise présente de l'intérêt.
Et les péripéties dans la maison de Fezco
lors du final de la saison 2 (enfin un peu de tension).
En résumé, une série exécrable dont le seul mérite est de faire comprendre que Drake est bien meilleur dans un studio que dans le paysage cinématographique. Je mets 1 étoile au lieu de pour la qualité des acteurs, seul point positif de ce navet dont je ne comprends franchement pas le succès.