C'est fou que d'un pitch aussi casse-gu**le, la série réussi à être aussi qualitative. Honnêtement, je trouvais que faire une suite à Karaté Kid, 30 ans après un troisième film déjà plus que moyen n'était pas vraiment très intéressant : je sentais venir le remake déguisé avec Johnny et Daniel n'ayant pas du tout évolués en usant de codes narratifs désormais bien viellot.
Et à ma grande surprise, la série réussi à contourner efficacement ces problèmes : les parallèles avec la trilogie sont fait intelligemment sans être putassiers, l'évolution de Johnny et Daniel est cohérente et concrète tout en faisant qu'on les reconnait parfaitement et les codes narratifs des films originaux sont repris de façon moderne afin que cela apparaisse plus cohérent.
La saison 1 est surtout la saison de Johnny dont la personnalité direct et grossière feront une grande partie du charme et l'humour de la série. On s'attache facilement à lui malgré ses défauts et la relation de maître/élève qu'il noue avec Miguel est très pertinente dans son parallèle à la trilogie. Une des thématiques de la série est le Karaté hargneux de Cobra Kai devra évoluer afin qu'il soit considéré comme une bonne méthode. Une continuité intéressante avec les films qui veut que ce n'est pas le Karaté le problème mais son enseignement. J'aime aussi beaucoup Daniel dont l'évolution est très intéressante en montrant qu'il a beau avoir une belle vie de famille et un job qu'il aime (et dans la continuité des films en plus), l'absence de M. Miyagi et du Karaté dans sa vie a créer un vide qu'il essayera de combler au long de la série. Si les combat sont plus modernes et dynamiques que dans la série, on sent quand même le petit manque de budget de la série par moment (notamment le tournoi à la fin qui n'est pas super impressionnant). L'autre petit défaut, c'est qu'en dehors de Johnny, Miguel, Daniel et Amanda (dont j'apprécie le rôle de bonne conscience tout au long de la série), les autres personnages sont un peu des clichés sur pattes dont on voit venir la trajectoire évidente. Le pire étant surement Robby dont le triangle amoureux avec Samantha et Miguel reste plus agaçant qu'autre chose.
La saison 2 est dans la continuité de la première, même si je note quand même une certaine amélioration, en partie parce qu'elle se concentre davantage sur les jeunes. Alors certes, le quatuor amoureux entre Miguel, Sam, Robby et Tori a tendance à m'agacer, mais les personnages révèlent ici leur plein potentiel et prennent des trajectoires qu'on attend pas forcément. Si le personnage de Dimitri me laissera globalement indifférent durant la majorité de la série, que la rivalité Mitch/Chris m'indiffère et qu'on sent déjà que les créateurs ne savent plus trop quoi faire d'Aisha (le perso s'étant accompli en s1), j'adore le personnage de Stingray, véritable pépite comique porté par un Paul Walter Hauser hilarant. Si le retour de Kreese est un générateur un peu artificiel de conflit, il faut reconnaître qu'il apportera un vrai antagoniste qui manquait à la série. Et bien sûr, cette scène de combat dans l'école à la fin est une vraie masterclass !
La saison 3 montre une nette amélioration niveau budget et ça sent, avec une photographie plus travaillé et des décors plus exploités. Les combats se permettent davantage de violence, ce qui n'est pas déplaisant. La relation entre Miguel et Johnny reste une des plus grandes forces, comme le parcours d'Eli/Hawk qui en fait le meilleur perso de la saison. Globalement, la saison est très bonne dans ses développements, et les persos ont tous un développement cohérent.
La saison 4 est peut-être celle que j'ai préféré, en grande partie grâce au retour de Terry Silver qui est juste fantastique en méchant. Dans KK3, le personnage était plus réussi dans l'idée que dans l'exécution Ici, on voit vraiment la force d'un antagoniste sournois, malin et machiavélique, prêt à toutes les bassesses pour l'emporter. Il permet d'ailleurs de donner une certaine nuance à Kreese, lequel prend une vraie dimension au cours de la saison. L'autre force de la saison, c'est l'amitié naissante entre Daniel et Johnny, à la fois amusante et satisfaisante. Toutefois, si les élèves sont un peu mis en retrait au cours de la saison, j'aime énormément le parcours d'Eli et Tori. Et on voit dans le tournois final à quel point la série à su s'améliorer en terme de combat et de réalisation. Toutefois, la saison a vraiment un gros défaut : la rivalité entre Kenny et Anthony, car vraiment les 2 personnages sont insupportables.
La saison 5 est davantage tourné vers les personnages adultes, même si les jeunes ne sont pas pour autant laissé de côté (les parcours évolutifs de Tori et Robby sont d'ailleurs pertinents). Je comprends que beaucoup n'aient pas aimé que l'histoire avec le père de Miguel se finisse au bout de 2 épisodes, mais perso, je vois pas ce que ça aurait apporté de davantage s'y étendre et pour moi, sa réconciliation avec Robby était davantage prioritaire à la narration, donc je pense qu'ils ont bien fait. Une autre élève à avoir un parcours intéressant est Devon, dont on ne voit pas vraiment venir le parcours. Mais il est clair que ce sont surtout les adultes qui brillent au cours de la saison : Johnny, Daniel, Silver, Amanda, Chozen (dont l'évolution est très réussie) et Kim Da-Eun ont les meilleures scènes de la saison.
La saison 6 est en 3 partie distincts, et on sent un peu trop le découpage, tant on a pas l'impression de regarder une saison, mais plutôt 3 mini-saisons. Bon, on sent qu'ils ont mis un beau budget niveau combat (bien que le Sekai Takai manque vraiment d'ampleur) et que la série a eu à coeur de donner de belles conclusions à ses personnages principaux (Johnny, Daniel, Kreese, Miguel, Tori et Robby ont tous droit à une superbe conclusion). Même certains personnages secondaires ont droit à une conclusion sympa comme Kyler ou une belle conclusion. Je reste toutefois frustré sur certains point, notamment les antagonistes ! Pour être honnête, Kwon a une conclusion que je trouve parfaitement logique, donc je ne partagerais pas les critiques à son sujet. En revanche, Silver devient un méchant beaucoup trop psychotique et Sensei Wolf manque franchement de subtilité (bien que Lewis Tran soit formidable). Mais c'est vraiment sur Axel et Zara que la série rate plus le coche, car ils avaient tout pour être de supers antagonistes mais au final, leur développement est presqu'inexistant et les 2 restent un peu cantonné à leur gimmick de base de colosse invincible mais torturé et combattante influenceuse frimeuse. Et le pire, c'est toute l'histoire avec M. Miyagi qui perturbe Daniel : ça n'apporte rien, c'est de la perte de temps et le deepfake de Pat Morita était vraiment dispensable.
Donc en conclusion, une série qui a su se maintenir en terme de qualité ! Aucune saison n'a atteint l'excellence, mais chacune reste très bonne et l'ensemble forme un tour plutôt cohérent, bien que le vieillissement des jeunes acteurs laissent toutefois dubitatifs quand il est censé s'être écoulé seulement 2 ans entre le début de la saison 1 et la fin de la saison 6.