En un mot : indigeste.
Le visionnage de Manifest m’a littéralement donné la sensation d’une indigestion – vous savez, ce genre de mal de ventre lancinant qu’on attrape après avoir cru que l'on manger au fast-food "juste une fois" serait sans conséquence. Eh bien non. C’est beau en vitrine, ça attire l’œil, ça promet un voyage fascinant... et au final, c’est de la bouillie insipide, molle et fumeuse qu’on regrette dès la première bouchée.
Commençons par les personnages. Mal écrits serait un euphémisme. Ce sont des coquilles vides qui passent leur temps à se regarder dans le vide avec une intensité digne d’un téléfilm de l’après-midi sur une chaîne câblée perdue. Leur jeu ? Plat, monocorde, souvent involontairement comique. Bon, on aurait pu pardonner tout ça si le scénario venait relever le niveau. Mais non. Au contraire, il creuse encore plus profondément le gouffre de l’ennui.
Les épisodes se répètent. Toujours les mêmes intrigues à base d’"appels divins", de regards mystérieux, de "je sens quelque chose", de "je dois suivre cette voix intérieure"... Bref, de la pâte narrative qu’on recycle d’un épisode à l’autre, comme si le spectateur avait une mémoire de poisson rouge.
Et puis ce foutu divin. Ce moment où tu sens que les scénaristes ont jeté l’éponge et se sont dit : "Bon, on n’a plus d’idée, alors on va mettre un truc mystique. Ta gueule, c’est magique." Non seulement c’est paresseux, mais c’est aussi insultant pour les spectateurs qui espéraient une trame solide, cohérente, un minimum crédible.
Mais parlons de ce chef-d'œuvre de ridicule : les saphirs Oméga. À quel moment quelqu’un, dans une salle de réunion, s’est dit : "Oui, super idée, des pierres magiques pour sauver l’univers !"? C’est risible, capillotracté, et ça n’a aucune saveur. On dirait un mauvais crossover entre Lost et une fanfiction de Power Rangers.
Et enfin… la fin. Oh mon Dieu, LA FIN. Une des pires que mes yeux ont eu la malchance – que dis-je, le supplice – de contempler. On te traîne pendant des dizaines d’épisodes pour t’infliger un dénouement bâclé, mièvre, quasi religieux, sans aucune logique ni respect pour les personnages (ni pour les spectateurs d’ailleurs). C’est comme si on m’avait promis une tempête, et qu’à la place on m’avait arrosé au goutte-à-goutte avec de l’eau tiède parfumée à l’eau bénite.
Conclusion : Manifest, c’est ce genre de série qui commence avec une accroche prometteuse et qui finit en naufrage narratif. Une arnaque émotionnelle déguisée en série mystique. À fuir. Ou à regarder si vous aimez souffrir.
PS : Si vous avez du mal à aller aux toilettes, je vous garantis que Manifest peut être plus efficace qu’un laxatif. Un épisode et tout part tout seul. Testé, approuvé, regretté.