À son lancement, The Boys était une série vraiment anticonformiste. À une époque où on commençait à en avoir marre des super-héros Marvel et de leur humour potache, elle arrivait pile au bon moment et ça faisait du bien. Elle proposait un angle totalement différent : et si les super-héros étaient des vrais méchants ? Et si Superman était un monstre ? C’était clairement le projet de la série.
Dans les trois premières saisons, c’était globalement très bien écrit. L’univers était froid, pragmatique, réaliste. On abordait le thème du super-héros de façon plausible, en faisant une satire de la société américaine, surtout de ses défauts. La série tapait à la fois sur la g*uche et sur la dr*ite : elle critiquait l’hypocrisie moralisatrice (la mouvance kewo), mais aussi les idées conservatrices. Tout le monde en prenait pour son grade, démocrates comme rép*blicains. Pourtant, en y regardant de plus près, on voyait bien que la série était globalement plus de gauche. Les idées gauch/stes n’étaient pas critiquées en tant que telles, mais plutôt pour leur utilisation hypocrite afin de gagner de l’argent et instrumentaliser les gens. Tandis que la droite était souvent présentée comme intrinsèquement mauvaise. Malgré ça, le sous-texte restait pertinent et intelligent dans les deux cas.
Ce qui portait vraiment la série, c’était surtout ses personnages, et en particulier Le Protecteur. Pendant les trois premières saisons, c’était l’un des plus grands méchants de séries télévisées de ces dernières années. Un méchant qu’on adore détester. Franchement, on regardait The Boys avant tout pour lui. C’est lui le vrai moteur de la série. Même si on suivait aussi l’évolution des Boys, notamment Butcher, qui est un psychopathe mais dont les actions et la rage sont hyper cohérentes avec ce qu’il a vécu. On voulait vraiment voir comment ils allaient réussir à vaincre Le Protecteur.
Pour le reste des Boys, c’était plus mitigé. Starlight était un bon personnage dans les deux premières saisons, avant de devenir une caricature moralisatrice extrêmement désagréable. Hughie est le personnage idéaliste par excellence, censé porter le camp du bien, mais il est assez peu intéressant. Il est donneur de leçons, courageux, il évolue, ok, mais il manque cruellement de défauts humains. Et un héros sans défauts, ça rend le personnage fade. Kimiko n’apporte pas grand-chose. L'Homme-Poisson (The Deep) est complètement inutile. Par contre, le Français est utile, même si l’acteur joue avec un accent assez déplorable.
Le gros problème arrive quand la série décide de réaliser exactement ce qu’elle critiquait au début. On nous vendait depuis trois saisons une relation amoureuse entre Kimiko et Frenchie, et d’un coup, après qu’ils soient enfin ensemble, la série change la trajectoire de Frenchie du jour au lendemain. Ça sort de nulle part. Si ça avait été établi dès le début, pourquoi pas, mais là c’était clairement pour cocher une case et être conforme à la tendance kewo. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à me désintéresser.
La saison 4, c’est tout simplement la saison 3 en cinq fois moins bien. Même scénario, aucun développement de personnages intéressant. Et la saison 5 continue dans cette logique. La série a clairement fait un virage pour dégager le public qui vote pour le personnage orange, public qui adore cette serie. L’objectif semblait être de ne garder qu’un seul public. Résultat : même les gens de g*uche n’ont pas aimé, parce que c’était nul sur tous les plans – réalisation, scénario, écriture, combats.
L’humour est devenu lourd, répétitif et insupportable. Les blagues graveleuses axées uniquement sur le xese, c’est drôle cinq minutes, après ça devient lourd. Les combats sont mal faits, le final est un huis clos ridicule et incohérent, bien moins bon que le combat de la saison 3. Le Protecteur, ce grand méchant terrifiant qu’on adorait, devient une caricature humiliée en permanence, plus du tout effrayante. Sister Sage est censée être la personne la plus intelligente du monde et elle fait des choix bêtes. L'Homme-Poisson continue d’être ridicule (la scène marine où il se fait transpercer par un tentacule est pathétique et incohérente).
Soldier Boy, par contre, était cool. J’ai bien aimé son rôle de père qui n’a pas du tout peur de son fils. Mais globalement, la série a tout gâché. Au lieu de faire du Protecteur une véritable bombe nucléaire terrifiante (j’aurais voulu qu’il pète un câble et qu’il rase plusieurs villes), ils en ont fait un simple antagoniste de cartoon. Le combat final est nul mais nul, humiliant pour lui, et j’étais mal à l'aise en le regardant. Ce n’est pas du tout ce qu’on attend d’un grand méchant de cette envergure.
C’est vraiment dommage. Les trois premières saisons étaient une réussite. Après, la série est devenue pitoyable, encore plus ratée que la dernière saison de Game of Thrones, de Stranger Things, de The Walking Dead ou de Lost. Une fin calamiteuse.